Pourquoi c’est important

Le jeûne fait de plus en plus d’adeptes, et notamment celui qui consiste à alterner sur de courtes périodes une alimentation normale et une alimentation restreinte voire une absence d’alimentation. Il existe ainsi plusieurs formes de jeûne intermittent.

Le jeûne intermittent a des effets similaires à ceux de la restriction calorique mais il est plus facile à suivre sur le long terme. Ses bénéfices pour la santé sont nombreux et un nouvel article paru dans The New England Journal of Medicine explique pourquoi le jeûne intermittent peut être un élément clé d’un mode de vie sain grâce à ses effets bénéfiques.

Ce que dit l’étude

Les résultats de cette nouvelle revue scientifique (dont l’auteur Mark Mattson étudie le jeûne depuis 25 ans) viennent s’ajouter à ceux déjà obtenus précédemment sur l’intérêt pour la santé du jeûne intermittent.

Une série d’études menées sur les animaux mais aussi sur l’homme montre que le jeune intermittent favorise la santé cellulaire, probablement en déclenchant une adaptation aux périodes de pénurie alimentaire, une sorte de « commutation » métabolique : ce phénomène se produit lorsque les cellules épuisent leurs réserves de carburant à base de sucre rapidement accessible et commencent à convertir les graisses en énergie (sous forme de corps cétoniques) selon un processus métabolique plus lent. Ce changement améliore la régulation de la glycémie, la résistance au stress oxydant et diminue l’inflammation. Les corps cétoniques ne sont pas juste une source d’énergie pendant le jeûne mais ils ont des effets importants sur le métabolisme.

Le jeûne intermittent est également bénéfique pour la santé cardiovasculaire car il permet d’améliorer des facteurs de risque cardiovasculaire : il réduit la pression artérielle, le taux de lipides sanguins et la fréquence cardiaque au repos.

Il existe également des preuves suggérant que le jeûne intermittent peut modifier les facteurs de risque associés à l’obésité et au diabète. Une étude menée sur 100 femmes en surpoids a montré que celles qui suivaient le jeûne 5:2 perdaient le même poids que les femmes qui adoptaient un régime hypocalorique mais elles obtenaient de meilleurs résultats pour l’amélioration de la sensibilité à l’insuline et la réduction de la graisse abdominale

Le jeûne intermittent joue également un rôle bénéfique contre le cancer :  chez des animaux, il permet de diminuer la survenue spontanée de tumeurs et ralentit la croissance de tumeurs tout en augmentant la sensibilité aux traitements. Quelques essais cliniques menés chez des patients atteints de cancer ont été réalisés ou sont en cours. Les premiers essais montrent que chez des hommes atteints de cancer de la prostate, la restriction calorique est bien suivie et ne provoque aucun effet secondaire. Quelques études de cas concernant des personnes atteintes de glioblastome suggèrent que le jeûne intermittent pourrait supprimer la croissance tumorale et prolonger la survie.

Le jeûne intermittent pourrait également améliorer les performances physiques : chez des souris ayant le même poids, celles qui jeûnent un jour sur deux ont une meilleure endurance en course que celles qui ont un accès illimité à la nourriture. Le fait de jeûner 16 heures par jour a aussi permis à de jeunes hommes de perdre de la graisse tout en maintenant leur masse musculaire.

Plus récemment, des études ont trouvé que le jeûne intermittent pourrait avoir des effets bénéfiques sur la santé cérébrale. Un essai clinique multicentrique mené sur 220 adultes soumis à une restriction calorique pendant deux ans a montré que les participants ont obtenu une amélioration de leur mémoire, évaluée par plusieurs tests cognitifs. D’autres études sont parvenues aux mêmes résultats. Des études précliniques suggèrent également que jeûner un jour sur deux peut retarder le début et la progression du processus pathologique de la maladie d’Alzheimer dans des modèles animaux. Le jeûne permet en effet d’augmenter la résistance au stress neuronal. Cependant, les essais cliniques sur des patients atteints ou à risque manquent.

Enfin, le jeûne peut être bénéfique avant de subir une intervention chirurgicale : il permet en effet de réduire les lésions tissulaires et l’inflammation et permet d’améliorer les résultats chirurgicaux. Deux semaines de restriction calorique préopératoire améliorent les résultats chez des patients qui subissent une chirurgie gastrique.

En pratique

Le jeûne intermittent de 16 heures par jour est un bon compromis entre la facilité et l’efficacité. Par exemple vous pouvez jeûner chaque jour entre 20 h et 12 h, ce qui revient à manger tôt le soir et sauter le petit déjeuner. Associé à une alimentation pauvre en glucides, ce jeûne intermittent, appelé fasting, donne de bons résultats sur le poids et le contrôle de la glycémie.

Il existe toutefois plusieurs façons de jeûner et chaque personne doit adopter celle qui lui correspond le mieux. Les bénéfices de ce mode d’alimentation sont nombreux en théorie, mais là encore à chacun de tester si la pratique lui convient. La sensation de faim et l’irritabilité sont courantes au début et passent après deux à quatre semaines de jeûne intermittent régulier. Il peut être nécessaire d’être accompagné par un professionnel de santé.

Pour aller plus loin : Jeûne intermittent : le Dr Jason Fung répond à vos questions, Le guide complet du jeûne


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