En cas d’arthrose lombaire les disques s’usent et accentuent la pression sur les vertèbres. En réaction, les vertèbres fabriquent plus d’os : c’est le fameux bec de perroquet. Ces excroissances osseuses compressent les nerfs dans le canal lombaire ou à sa sortie et provoquent une inflammation. « Le plus typique, c’est une douleur dans le bas du dos s’accentuant à la marche et obligeant à s’arrêter avant de repartir », explique le Pr Berenbaum, chef du service de rhumatologie à l’hôpital Saint- Antoine.

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« Il n’y a pas de traitement parfaitement efficace contre l’arthrose », précise le Pr Pascal Claudepierre, rhumatologue.

La solution, c’est d’associer des approches ayant montré un bénéfice : 

Pratiquer une activité physique

Même si les douleurs augmentent avec le mouvement, bouger est la recommandation numéro un des médecins car cela aide à lutter contre l’enraidissement des vertèbres. L’Inserm recommande 2 à 3 séances d’au moins 30 minutes par semaine en cas d’arthrose. « Le vélo est le sport qui apporte le plus de bienfaits. Les gyms douces (yoga, natation…) sont aussi plébiscitées par les patients », précise le Pr Francis Berenbaum. La marche est recommandée, hors période de poussée.

Les sports asymétriques ou avec des à-coups et des impacts répétés (tennis, course à pied…) ont plutôt tendance à augmenter les douleurs.

Recourir aux médicaments

Les anti-inflammatoires non stéroïdiens par voie orale (ibuprofène…) peuvent parfois soulager. Pour l’arthrose du genou ou de la hanche, c’est le diclofénac (150 mg/jour) qui s’est avéré le plus efficace selon une étude parue dans le Lancet, en 2016, mais il n’y en a pas d’étude sur l’arthrose vertébrale. En raison de ses effets secondaires (gastro-intestinaux, rénaux et cardiovasculaires), il faut en prendre seulement quand la douleur augmente et devient très gênante, toutes les 6 heures, si possible pas plus de 7 à 10 jours.

Opter pout des infiltrations de corticoïdes

Elles sont réalisées dans l’articulation de la vertèbre, pour calmer l’inflammation quand l’arthrose lombaire s’accompagne d’une sciatique, d’un canal lombaire rétréci ou si la douleur persiste la nuit. « Il y a peu d’études sur le sujet mais elles soulagent environ deux patients sur trois, pendant quelques semaines », précise le Pr Berenbaum. C’est intéressant si on n’a qu’une à deux grosses poussées par an, mais pas s’il faut les renouveler souvent : on évite d’en faire plus de trois par an. Inutile de persister si une à deux infiltrations n’ont apporté aucun soulagement.

À savoir : elles sont remboursées en partie par l’Assurance maladie mais il y a des dépassements importants (généralement une centaine d’euros), parfois couverts par les mutuelles.

Perdre du poids pour soulager l’arthrose lombaire

Même si l’effet est moins net que pour l’arthrose du genou ou de la hanche, diminuer le surpoids permet d’alléger les contraintes qui s’exercent sur la colonne. Une perte de 7 à 10 % de son poids initial (par exemple 10 kg si on en pèse 100 kg) aide déjà beaucoup.

Se tourner vers des alternatives naturelles

L’ostéopathie et la chiropraxie peuvent aider à retrouver davantage de mobilité et éviter l’enraidissement en relâchant les tissus autour des vertèbres. Attention : les manipulations ne doivent jamais faire mal !

Les solutions inefficaces contre l’arthrose lombaire

  • Les compléments alimentaires type chondroïtine et glucosamine. « Si certaines études sont encourageantes dans l’arthrose du genou, il n’y a aucune preuve de leur efficacité dans l’arthrose dorsale », indique le Pr Jean-Yves Maigne.
  • Le paracétamol d’après une revue d’études parue dans le British Medical Journal, il n’est pas plus efficace qu’un placebo sur les douleurs d’arthrose lombaire.
  • Les infiltrations d’acide hyaluronique sont moins efficaces que pour les articulations périphériques (genou, hanche…).
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