Pourquoi c’est important

Le surpoids et l’obésité sont associés à un risque accru de cancer. Une étude britannique réalisée sur 5 millions de personnes rapporte que le surpoids et l’obésité augmentent le risque de développer 10 des cancers les plus fréquents. Parmi eux, le cancer du sein, notamment après la ménopause.

L’obésité provoque des modifications du tissu adipeux, une inflammation chronique et s’accompagne souvent de troubles métaboliques, hormonaux, qui peuvent à leur tour augmenter le risque de cancer.  La perte de poids provoque un changement hormonal bénéfique sur le risque de cancer du sein chez les femmes ménopausées.

Dans une nouvelle étude publiée dans le Journal of the National Cancer Institute, des chercheurs ont évalué l’impact d’une perte de poids durable sur le risque de cancer du sein chez des femmes après la cinquantaine.

L’étude

Les données sont issues du Pooling Project of Prospective Studies of Diet and Cancer (DCCP), qui regroupe les résultats d’études de population afin d’évaluer le lien entre les facteurs alimentaires et le risque de cancer. Ici, les données proviennent de 10 études regroupant 180 885 femmes âgées de 50 ans et plus, qui ont été suivies pendant 18 ans. Le poids des femmes a été recueilli 3 fois sur une période 10 ans. Une perte de poids d’au moins 2 kg dans la première période de 5 ans, sans reprise dans les 5 ans suivants, est considérée comme stable. Les femmes dont le poids n’a pas bougé sur les 10 ans ont servi de référence. Les participantes ont ensuite été suivies pendant encore 8 ans.

Parmi ces femmes, 6930  ont été diagnostiquées avec un cancer du sein. Les résultats montrent qu’au cours des 10 premières années, 20,3% des femmes ont maintenu un poids stable, 21,8% ont perdu du poids au cours du premier intervalle de 5 ans, perte de poids qui s’est maintenue chez la moitié d’entre elles 5 ans après. Par contre, 37,3% des femmes ont pris du poids au cours des 5 premières années, et la majorité (74,3%) ne les a pas perdus après.  

Les chercheurs ont trouvé une relation linéaire entre une perte de poids stable et la diminution du risque de cancer du sein, mais uniquement chez les femmes ne prenant pas de traitement hormonal substitutif (il se peut que les bénéfices des modifications hormonales provoquées par la perte de poids soient masquées par le traitement pris par ces femmes).

Une perte de poids comprise entre 2 et 4,5 kg était liée à un risque de cancer du sein diminué de 13% (par rapport aux femmes dont le poids est resté stable). Celles qui ont perdu encore plus de poids voyaient ce rique diminuer de manière plus importante : 16% de risque en moins chez celles qui ont perdu jusqu’à 9 kg et 26% chez celles qui ont perdu plus de 9 kg. Les chercheurs soulignent que prendre du poids et le perdre ensuite procure le même niveau de risque vis-à-vis du cancer du sein que les femmes qui ont gardé un poids stable. 

Quels mécanismes expliquent l’association entre la perte de poids et la diminution du risque du cancer du sein? Les études montrent que les taux sanguins d’œstrogènes endogènes après la ménopause sont fortement associés avec un indice de masse corporelle élevé et un risque accru de cancer du sein. La perte de poids permet de diminuer les niveaux sanguins d’hormones sexuelles. De plus, la perte de poids s’accompagne généralement d’un mode de vie plus sain : une meilleure alimentation, de l’activité physique plus régulière et moins d’alcool. Tous ces paramètres contribuent à réduire le risque de cancer du sein.

En pratique

Cette étude indique qu’après 50 ans, pour les femmes qui ont pris quelques kilos à la ménopause, il n’est pas trop tard pour perdre du poids et réduire ainsi leur risque de cancer du sein. Ces résultats viennent soutenir ce que d’autres études ont déjà rapporté : la diminution globale du poids corporel permettrait de réduire le risque de cancer. Si vous êtes en surpoids, LaNutrition.fr vous conseille d’essayer de perdre quelques kilos en supprimant les aliments ultra-transformés, les produits et les boissons sucrés, les aliments à index glycémique élevé. La perte de poids paraît bénéfique sur le risque de cancer mais l’élimination de certains aliments, comme le sucre, également.


Partagez :