Pour un peu, on en donnerait chaque jour à ses enfants : « Récré O’lé, assure son fabricant Mont Blanc, est un goûter laitier onctueux conçu pour les enfants : 85 % de lait, source de calcium et vitamine D pour une bonne croissance osseuse. Sans conservateur, sans colorant ni arôme artificiels, il se conserve à température ambiante. »

Ainsi présenté, ce « goûter laitier » a donc tout pour séduire les parents soucieux de la santé de leurs enfants. D’autant que le Nutriscore lui décerne un score flatteur (B), largement mis en avant par le fabricant dans sa publicité ! Alors, on achète ?

Avant d’acheter, les parents seraient bien inspirés de regarder de plus près la composition de RécréO’lé. La voici :

  • Lait entier concentré et poudre de lait écrémé
  • Sucre
  • Amidon transformé de maïs
  • Amidon de maïs
  • Arôme naturel
  • Épaississant : gomme xanthane
  • Concentré de minéraux du lait
  • Vitamine D 

Le seul ingrédient non dénaturé : le sucre !

Vous avez bien lu, cela signifie que même le lait est transformé dans ce produit. Ce n’est pas un yaourt à boire, il ne s’agit pas de lait fermenté (zéro bactérie dans la petite gourde !), il s’agit d’un pseudo-yaourt à base de lait concentré que l’on a épaissi avec pas moins de trois épaississants : de l’amidon de maïs, de l’amidon modifié de maïs et de la gomme xanthane.
Pas un seul grain de vanille à l’horizon, le goût provient d’un arôme synthétisé par des bactéries à partir notamment de son de riz, un arôme moins cher qu’un arôme naturel de vanille, lui-même beaucoup moins cher que de la vraie vanille.

Snacking ultra-transformé

Avec sa cohorte d’agents cosmétiques et économiques (ACE), RécréO’lé répond parfaitement à la définition d’un produit ultra-transformé, avec un score Nova de 4. Plutôt qu’un « goûter laitier », il serait plus juste de parler d’un produit de snacking, à ne donner à un enfant qu’occasionnellement.

Nous voilà loin des arguments santé mis en avant par le fabricant, d’autant que la teneur en vitamine D du produit n’a probablement guère d’incidence sur le statut biologique de l’enfant : 0,75 microgrammes par portion, c’est 30 UI, soit, au mieux, 5% des besoins quotidiens d’un enfant en vitamine D.

À lire aussi : Que vaut le NutriScore ? 

Quand le Nutriscore sert à promouvoir les produits ultra-transformés

Cet exemple montre à quel point le Nutriscore, présenté par ses promoteurs comme le rempart contre la malbouffe, peut en réalité orienter les consommateurs vers des faux aliments. Il montre aussi à quel point ce système de notation sert d’argument marketing aux industriels. Les scores Nova et Siga reflètent bien mieux la qualité de cet aliment que le Nutriscore.

Comme nous l’avons toujours écrit, c’est aussi la preuve que, pour ses achats, on ne peut pas se fier au Nutriscore, ni scanner des produits avec des applications qui se basent sur le Nutriscore.

Il faut continuer de lire les étiquettes ou faire confiance à l’expertise des diététiciens de LaNutrition.fr, qui depuis plus de dix ans, en examinant leur composition, distinguent les produits de bonne qualité nutritionnelle des mauvais dans la collection de nos livres « Le Bon Choix ».  


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