Le cancer broncho-pulmonaire peut prendre plusieurs formes avec, à chaque fois, un traitement personnalisé. Dans tous les cas, le tabac reste le principal facteur de risque.

Les différents types de cancer du poumon

En 2018, plus de 46 000 Français (dont 15 000 femmes) ont appris qu’ils étaient atteints d’un cancer du poumon. Chaque année, 33 000 personnes en décèdent. En lien avec la consommation de tabac, la mortalité continue à augmenter chez les femmes. Le cancer du poumon tue presque autant de femmes, chaque année en France, que le cancer du sein.

La maladie peut toucher les bronches, c’est-à-dire les petits «tuyaux» qui conduisent l’air en se ramifiant dans les poumons. La tumeur atteint parfois les alvéoles pulmonaires, où se produisent les échanges d’oxygène et de gaz carbonique avec le sang. 

Les cancers de la plèvre qui touchent l’enveloppe pulmonaire ne sont pas à proprement parler des cancers du poumon. Appelés mésothéliomes, ils sont liés à l’exposition à l’amiante. Plus de 1 000 cas sont découverts chaque année en France.

Deux grandes catégories de cancers broncho-pulmonaires 

Les cancers du poumon sont classés selon la taille des cellules de la tumeur.

  1. Les cancers bronchiques à petites cellules : ils représentent environ 15 % des cancers du poumon. « Ils sont moins nombreux car ils sont liés à un tabagisme important, de l’ordre de deux ou trois paquets de cigarettes par jour, ce qui est moins fréquent aujourd’hui », observe le Pr Nicolas Girard, oncologue pneumologue à l’Institut Curie (Paris) et responsable de l’Institut du thorax Curie-Montsouris. La plupart du temps, ces cancers sont détectés au stade des métastases. Selon l’Institut Curie, « la chimiothérapie associée à l’immunothérapie est en 2019 le traitement de référence du cancer à petites cellules métastatique ». Cette immunothérapie est un traitement innovant destiné à stimuler les défenses immunitaires du patient. 
     
  2. Les cancers bronchiques non à petites cellules : ils représentent plus de 80 % des cancers du poumon. Cette catégorie se divise en sous-types : les adénocarcinomes (60 % des cas), les carcinomes épidermoïdes (30 %) et les carcinomes à grandes cellules

Le traitement dépend du stade de la maladie. « Si la tumeur est localisée, c’est-à-dire aux stades 1 et 2 de la maladie, la chirurgie est le traitement indiqué. Il existe néanmoins un risque de récidive. C’est pourquoi une chimiothérapie et une immunothérapie peuvent y être associées, avant ou après l’opération, selon les cas », poursuit le Pr Girard. Au stade métastatique, l’opération chirurgicale n’est plus possible. On a recours à la chimiothérapie, à la radiothérapie et à l’immunothérapie.

Le tabac, principal facteur de risque

« 85 % des patients atteints d’un cancer broncho-pulmonaire sont des fumeurs », rappelle le Pr Girard. Mais ce type de cancer touche aussi des non-fumeurs. En effet, la tumeur peut être liée à des anomalies génétiques ou à une exposition toxique comme l’amiante ou le radon, un gaz radioactif naturel présent dans le sol de régions granitiques comme la Bretagne ou le Massif central. Selon l’Autorité de sûreté nucléaire, le radon serait responsable de 1 000 nouveaux cas de cancer du poumon chaque année en France. Associé au tabac, il est à l’origine de 4 000 cancers du poumon par an. 

Un dépistage recommandé aux fumeurs

Environ 60 % des cancers du poumon, quelle que soit leur forme, sont diagnostiqués à un stade tardif. La tumeur a, alors, produit des métastases qui se sont disséminées dans l’organisme, ce qui réduit les chances de récupération. Dans ce contexte, un dépistage précoce prend toute son importance. « Un scanner tous les deux ans est recommandé aux personnes à risque, c’est-à-dire les personnes de plus de 50 ans qui ont fumé pendant plus de 25 ans, et qui ne présentent aucun symptôme. Il est évident qu’en cas de symptômes, comme une bronchite qui ne guérit pas,  il faut consulter un médecin rapidement », rappelle le Pr Girard. Des études ont montré que ces scanners réguliers permettent de réduire la mortalité par cancer du poumon de 20 à 40 % chez les personnes dépistées.

À lire aussi

Sylvie Dellus Expert : Pr Nicolas Girard, oncologue pneumologue à l’Institut Curie (Paris) et responsable de l’Institut du thorax Curie-Montsouris. Article publié le


Partagez :