De la famille des labiacées, comme la menthe, la sauge est une plante aromatique ligneuse facile à cultiver au jardin. La sauge officinale, de l’espèce Salvia officinalis, est une plante qui présente des feuilles persistantes, velues et odorantes, ainsi que des fleurs violettes. Elle fleurit entre mars et juillet, en fonction des conditions (1).

La sauge est présente dans de nombreuses médecines traditionnelles dans le monde, même si beaucoup d’espèces de sauges proviennent de l’Europe méditerranéenne (2). Traditionnellement, la sauge est utilisée contre les troubles digestifs, la toux, la bronchite, les problèmes de mémoire, la dépression, l’excès de sudation… Du point de vue étymologique, en latin, Salvia signifie sauver, guérir. Mais que dit la science sur les bienfaits de la sauge ?

De la sauge pour la santé du cerveau

La sauge a un effet antioxydant et favoriserait la fonction cérébrale, ce qui pourrait aider à limiter le déclin cognitif lié à l’âge. En 2003, un essai clinique iranien a testé l’utilisation de la sauge officinale chez 42 patients atteints par la maladie d’Alzheimer (3). Certains ont pris un extrait de sauge officinale et d’autres un placebo. Au bout de quatre mois, les auteurs ont noté que la sauge avait un meilleur effet sur la cognition que le placebo. La sauge semblait également réduire l’agitation des patients.

En 2008, un petit essai clinique australien a aussi trouvé que des extraits de sauge améliorent la mémoire et l’attention de personnes âgées en bonne santé (4). L’effet pourrait être lié à une action sur l’acétylcholine : des études in vitro et chez l’animal montrent que des constituants de la sauge ont un effet contre l’enzyme acétylcholinestérase, qui dégrade le neurotransmetteur acétylcholine. Les inhibiteurs de cette enzyme sont des médicaments contre la maladie d’Alzheimer.

Chez les jeunes, les extraits de sauge amélioreraient l’humeur et les performances cognitives, comme le suggère un petit essai clinique de 2006 (5).

Les sauges contiennent de nombreux polyphénols (acides polyphénoliques et flavonoïdes) : le kempférol, la quercétine, l’acide caféique et ses dérivés (acide romarinique notamment)… 

De la sauge contre les symptômes de la ménopause

Traditionnellement, la sauge est utilisée contre les bouffées de chaleur et les sueurs liées à la ménopause (6).

En 2011, un essai clinique de l’entreprise Bioforce en Suisse a testé l’effet de comprimés de feuilles de sauge pris quotidiennement pendant deux mois (7). Les bouffées de chaleur ont diminué de manière significative chez les 69 femmes traitées, entre la première et la huitième semaine, et le traitement a été bien toléré.

Sauge et échinacée contre le mal de gorge

Comme la sauge contient des molécules aux propriétés anti-inflammatoires et anti-bactériennes, elle pourrait aider à calmer le mal de gorge. Tout comme l’échinacée pourpre (Echinacea purpurea), elle est traditionnellement utilisée contre les infections respiratoires. Une étude a montré qu’un spray Echinacea/sauge est aussi efficace pour réduire le mal de gorge qu’un spray de lidocaïne/chlorhexidine (8).

D’autres effets demandant plus de preuves

Des effets bénéfiques de la sauge ont aussi été prouvés in vitro ou chez l’animal contre la diarrhée, l’obésité, le diabète ou les cellules cancéreuses. Mais les études chez l’homme manquent.

En pratique

La sauge officinale pousse spontanément dans le Midi, dans des sols arides, mais elle peut aussi être cultivée ailleurs en France métropolitaine, à condition de la mettre au soleil. Ne l’arrosez pas trop, elle ne craint pas les terrains pauvres, calcaires et secs (9).

Vous pouvez récolter les feuilles de sauge et les faire sécher. Elles peuvent servir à accommoder des plats de poissons, des volailles, des sauces, des légumes, ou à préparer des tisanes.


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