Pourquoi c’est important

Les arbres jouent un rôle essentiel dans la vie de la planète. Comme ils captent le dioxyde de carbone (responsable de l’effet de serre), ils participent à la lutte contre le changement climatique. Ils représentent une source de nourriture et un abri pour de nombreux animaux, comme les oiseaux, les écureuils… La forêt évite aussi l’érosion des sols en retenant l’eau et présente un intérêt économique grâce à la filière bois.

D’après l’ONF, la France dénombre 138 espèces d’arbres, rien qu’en métropole. Mais nos forêts, sources de biodiversité, se portent-elles bien ? Dans un rapport récent, l’UICN a fait le point sur les espèces d’arbres européennes qui sont en voie de disparition, et leur nombre est alarmant.

Ce que montre le rapport de l’UICN

En septembre dernier, l’UICN a publié sa liste rouge des espèces d’arbres européens. Sur les 454 espèces natives étudiées, 42 % sont menacées d’extinction. Parmi les espèces endémiques européennes, c’est-à-dire qui n’existent pas sur les autres continents, 58 % (168) sont menacées d’extinction, c’est-à-dire qu’elles sont classées dans les catégories :

  • des espèces vulnérables,
  • des espèces en danger d’extinction,
  • des espèces en danger critique d’extinction, le niveau le plus proche de l’extinction : 15 % des espèces endémiques européennes, soit 66 espèces, font partie de cette catégorie.

Les espèces d’arbres du genre Sorbus (famille des sorbiers) sont particulièrement concernées puisque les trois quarts des 170 espèces de Sorbus sont menacées : 57 sont en danger critique, 48 en danger et 24 vulnérables. Les menaces qui pèsent sur ces petits arbres sont par exemple la déforestation, mais aussi l’exploitation forestière qui sélectionne certaines espèces d’arbres à leur détriment. Parmi les espèces en déclin se trouve également le marronnier commun, classé en « espèce vulnérable ». Son recul est lié à la présence d’un ravageur, une chenille, la mineuse du marronnier. Cette espèce invasive provient des montagnes des Balkans.

D’après le communiqué de l’UICN, l’une des principales causes de la disparition d’espèces d’arbres est l’introduction d’espèces invasives : plantes envahissantes, parasites, espèces apportant des maladies… Des arbres « exotiques », non natifs d’Europe, ont été introduits de manière volontaire et certaines espèces sont devenues envahissantes, comme le robinier faux-acacia ou l’érable negundo. David Allen, qui a travaillé à cette étude de l’UICN,  explique : « Ce ne sont pas seulement les arbres et les bois naturels, ce sont aussi quelques-uns des grands conifères commerciaux qui sont menacés par des espèces envahissantes. »

Lire aussi : Pour des marrons résistants et savoureux

À cela s’ajoutent d’autres facteurs : une exploitation forestière non respectueuse de l’environnement, la déforestation, parfois liée à l’expansion agricole, les feux, le développement urbain et la pression touristique.

En pratique

Si vous possédez un peu de terrain, plantez des arbres, d’autant plus que la période d’octobre-novembre est propice. Comme l’affirme le dicton, « À la Sainte-Catherine tout arbre prend racine. » Choisissez des essences locales, chez un pépiniériste près de chez vous pour éviter d’importer des parasites. Et pourquoi ne pas acquérir un bout de forêt, en commun avec d’autres personnes, pour veiller à sa préservation ?

Quand vous achetez des produits issus de l’exploitation de la forêt (bois, meubles, papier…), veillez à ce qu’ils proviennent de forêts gérées de manière durable, portant le label PEFC ou FSC.


Partagez :