Cette maladie auto-immune de la thyroïde touche essentiellement les femmes. Un traitement de 18 mois permet le plus souvent d’en guérir. 

La maladie de Basedow, la plus fréquence des hyperthyroïdies

Tremblements, agitation, battements accélérés du cœur, irritabilité, sueurs, perte de poids… La maladie de Basedow, qui représente les trois-quarts des cas d’hyperthyroïdie, accélère le métabolisme à tous les niveaux. Le Dr Pierre Nys, endocrinologue*, compare l’état du patient à celui d’un « dragster emballé ». 

Le goitre n’est pas présent systématiquement. Cette grosseur, située à la base du cou, correspond à une augmentation anormale du volume de la thyroïde. De même, certains patients peuvent avoir les yeux exorbités (exophtalmie), mais pas tous. « Les personnes concernées sont moins nombreuses qu’autrefois car la maladie est aujourd’hui dépistée plus tôt », constate le Dr Nys. 

Le stress, un déclencheur de la maladie

Ces symptômes s’expliquent par un excès d’hormone thyroïdienne, d’où le nom d’hyperthyroïdie. Autre caractéristique de la maladie de Basedow : elle est «auto-immune». Des anticorps produits par l’organisme stimulent de manière anormale la glande thyroïde.

Très souvent, la maladie est déclenchée par le stress. Elle touche des personnes prédisposées génétiquement aux pathologies thyroïdiennes.

Les symptômes se déclarent en moyenne vers 43-44 ans, essentiellement chez les femmes. La maladie de Basedow est dix fois moins fréquente chez les hommes, selon la Société française d’endocrinologie.

Comment s’établit le diagnostic ?

« Le diagnostic est essentiellement clinique », explique le Dr Nys, c’est-à-dire basé sur l’examen du patient. Le dosage sanguin de l’hormone TSH (thyréostimuline) permet de confirmer cette première impression. L’analyse révèle un taux de TSH trop bas, c’est-à-dire inférieur à 0,15 mUI/l (micro-unités internationales par litre de sang). Pour compléter, un dosage des anticorps anti-thyroïdiens est effectué. Le résultat indique si la maladie est d’origine auto-immune, ou pas. 

Des médicaments pour calmer la thyroïde

La maladie de Basedow se traite en premier lieu avec des médicaments, des anti-thyroïdiens de synthèse (ATS), comme le thiamazole ou le carbimazole, prescrits pendant 18 mois. « Il est très important d’arrêter de fumer car le tabagisme augmente le risque d’échec », souligne le Dr Nys. À terme, précise l’endocrinologue : « on peut espérer 60 à 70 % de guérison chez les patients, surtout s’il s’agit de femmes jeunes. » 

Précision importante : les ATS sont contre-indiqués pendant la grossesse. « Les ATS traversent la barrière placentaire, avec un risque de bloquer la fonction thyroïdienne du fœtus », explique le Dr Nys. Il est donc conseillé de différer un projet de grossesse, en dehors de la phase de traitement. 

La chirurgie ou l’iode radioactif en alternative

En cas d’échec du traitement médicamenteux, l’ablation chirurgicale de la thyroïde peut être proposée. Autre possibilité : un traitement à base d’iode radioactif. Mais là encore, la prudence est de mise chez les femmes en âge de procréer à cause d’un risque potentiel de mutation génétique. « Par précaution, il faut respecter un délai de plusieurs mois entre le traitement et le début d’une grossesse », avertit le Dr Nys.

La maladie de Basedow peut récidiver. La rechute se produit en général dans les deux ans qui suivent l’arrêt du traitement. C’est la raison pour laquelle les patients sont surveillés par un examen clinique, éventuellement complété par une analyse sanguine, tous les trois mois, puis tous les six mois, puis une fois par an. 

* Auteur de Le nouveau régime IG thyroïde, éditions Leduc, 18 €.

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