10 % des Français souffrent du syndrome des jambes sans repos, dont 2 à 3 % quotidiennement. Quels sont les traitements proposés à ce jour pour soulager cette affection ? Les réponses de Robert Parisot, président de l’association France Ekbom*.

jambes © istock

Le syndrome des jambes sans repos, appelé également maladie de Willis Ekbom depuis 2011, est une affection sensori-motrice neurologique, chronique et invalidante. Elle touche principalement les membres inférieurs, mais peut aussi toucher les bras, et survient en position assise ou couchée.

Maladie des jambes sans repos : quels symptômes ?

Le syndrome des jambes sans repos peut démarrer dès l’enfance, notamment chez les enfants souffrant de troubles de déficit de l’attention (TDHA-hyperactivité).

Mais, la plupart du temps, ses impatiences dans les jambes se déclarent à l’âge adulte.

Les principales manifestations de cette maladie des jambes sans repos sont : des agacements, des picotements dans les jambes, des brûlures, des contractures, des secousses, un besoin irrépressible de bouger… Lorsqu’ils surviennent, ces symptômes peuvent durer plusieurs heures !

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Depuis une dizaine d’années sont prescrits, en France, des agonistes dopaminergiques car la maladie proviendrait d’un dysfonctionnement dopaminergique. Ces médicaments permettent de réguler la dopamine.

« Trois molécules sont disponibles : le ropinirole, le pramipexole et le rotigotine, informe Robert Parisot. Et la première prescription de ces médicaments ne peut être faite que par un médecin neurologue. Les prescriptions suivantes sont effectuées par le médecin traitant. Le médicament mettant environ 3 heures pour faire effet, il est conseillé de le prendre entre 19 h et 20 h pour être tranquille au moment du coucher ils doivent être pris à heure fixe. »

Comme beaucoup de médicaments, ils ont des effets indésirables, dont certains sont particulièrement gênants.

« Parmi les effets secondaires les plus fréquents, on trouve les addictions au jeu, à la nourriture, aux achats compulsifs, au sexe », précise le président de l’association France-Ekbom.

Syndrome des jambes sans repos : les conseils de vie à suivre

Certains aliments, certaines activités peuvent aggraver les symptômes.

Voici les mises en garde de Robert Parisot : « la consommation de thé, de café, d’alcool doit être évitée surtout en fin de journée, tout comme une dépense physique intense comme un run de 10 km ou une séance de musculation le soir. Il est préférable de faire du sport le matin, afin qu’ensuite le corps puisse récupérer et se reposer. Gare également à l’automédication, car ce qui convient à un patient n’est pas forcément bon pour un autre. Le surdosage d’un médicament peut aussi entraîner un phénomène d’augmentation de la maladie. »

A l’inverse,

« une carence en fer étant suspectée dans la maladie des jambes sans repos, mettre à ses menus des aliments riches en fer comme les viandes rouges, les abats, les fruits de mer ne peut être que bénéfique », précise Monsieur Parisot. 

Et pour les personnes qui sont végétariennes, on trouve aussi des quantités intéressantes de fer dans la spiruline, le sésame, le soja, les noix de cajou, les pignons de pin, le chocolat noir…

Certaines personnes sont également soulagées par une douche froide ou chaude lorsqu’elles ont une crise. L’hypnose apporte aussi une légère amélioration mais, malheureusement, de courte durée.

* https://www.france-ekbom.fr

Téléphone de l’association  : 09 67 79 88 43.

Des recherches pour en savoir plus sur la maladie

« Actuellement, il y a trois recherches en cours au CHU de Montpellier », informe le président de l’association France Ekbom.

• Une recherche destinée à sensibiliser le Ministère de la santé sur le risque cardiovasculaire que peut engendrer le syndrome des jambes sans repos.

• Une autre sur un lien possible avec cognition et les performances.

• Et une troisième, sur la mise au point d’un nouvel agoniste dopaminergique efficace plus rapidement, avec le laboratoire Bioproject. Des essais sont en cours dans plusieurs CHU en France, dont celui de Montpellier et de Grenoble.

De son côté, l’association France-Ekbom a lancé des appels à projet (à remettre avant fin septembre 2019) qu’elle financera pour faire avancer la recherche.

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Véronique Bertrand Article publié le


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