Pourquoi c’est important

Après l’eau, le thé est la boisson la plus consommée au monde. Originaire de Chine, le thé est préparé à partir des feuilles de la plante Camelia sinensis, qui permettent d’obtenir le thé noir, fermenté, le thé vert, non-fermenté, ou le thé oolong, partiellement fermenté. Le thé apporte des flavonoïdes antioxydants (des catéchines) et de la caféine.

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Beaucoup d’entre nous préparent leur thé en utilisant des sachets. Pour remplacer les traditionnels sachets en papier sont apparus récemment de nouveaux sachets contenant du plastique. Comme on le voit malheureusement dans l’environnement, le plastique se dégrade en libérant des microparticules, ou des nanoparticules, plus petites. Est-ce le cas dans nos tasses quand un sachet en plastique baigne dans de l’eau très chaude ?

Ce que montre l’étude

Pour cette recherche parue dans la revue Environmental Science & Technology, les chercheurs de Montréal ont étudié quatre sachets de thé du commerce. Ils contenaient tous du plastique, sous forme de nylon et de polytéréphtalate d’éthylène (PET). Les chercheurs ont  enlevé les feuilles de thé et ont préparé des infusions avec ces sachets vides, en les trempant dans de l’eau à 95 °C.

En utilisant la microscopie électronique, ils ont observé qu’un sachet libérait environ 11,6 milliards de microplastiques (mesurant de 100 nm à 5 mm) et 3,1 milliards de nanoplastiques (mesurant moins de 100 nm). Ces doses sont des milliers de fois supérieures à celles constatées dans d’autres aliments. Ainsi, les chercheurs estiment qu’une tasse de thé apporte 16 µg de plastique, quand un gramme de sel de table en apporte 0,005 µg !

Par comparaison, les consommateurs ont beaucoup moins de risque de se contaminer avec du plastique en mangeant des produits de la mer ou en buvant de l’eau en bouteille : les moules contiendraient entre 0,3 et 0,5 microplastique par gramme et un litre d’eau en bouteilles en compte des dizaines, voire des centaines, mais pas des milliards.

Pour savoir si ces particules étaient néfastes à la santé, les chercheurs ont utilisé un modèle animal, une puce d’eau appelée Daphnia magna. Exposées aux microplastiques et aux nanoplastiques des sachets de thé, les daphnies « ont présenté des anomalies anatomiques et comportementales », explique le communiqué de l’université. Par exemple, les auteurs ont noté des différences dans la manière de nager de l’animal, et ces changements dépendaient de la dose de micro- et nanoplastiques utilisée.

Chez l’homme, nous ne connaissons pas les effets de ces particules microscopiques de plastique dans l’organisme. D’autres études seront nécessaires pour le savoir. Les particules de plastique que nous ingérons sont a priori excrétées, et se retrouvent ensuite dans les eaux usées, donc finalement dans l’environnement.

En pratique

Alors que de nombreux consommateurs cherchent à diminuer leur usage du plastique, il semble bien incongru de proposer de nouveaux sachets incluant du plastique. Pour limiter les emballages et les déchets, il est aussi possible d’acheter son thé en vrac et de le laisser infuser dans une boule à thé, voire d’utiliser des sachets en coton lavables ! D’autant que la qualité du thé en vrac est bien meilleure et que les sachets de thé du supermarché, quand ils ne contiennent pas de plastique, peuvent être blanchis au chlore.

Le thé permet une alternative à l’eau plate. LaNutrition.fr recommande de boire 2 à 5 tasses de tisane ou de thé par jour. Attention cependant à ne pas boire trop de thé à cause du fluor et de l’aluminium, souvent présents dans les thés bas de gamme.

Des idées de recettes avec du thé

Des livres pour aller plus loin : Zéro plastique, zéro toxique et Famille (presque) zéro déchet


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