Pourquoi c’est important 

La surconsommation et la mauvaise utilisation des antibiotiques ont permis aux bactéries de développer des mécanismes de défense contre eux. Résultats : des maladies infectieuses que l’on a maîtrisé jusqu’à aujourd’hui s’avère parfois intraitables, ce qui augmente le nombre de décès par infection.

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L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a classé Pseudomonas​ aeruginosa parmi les germes représentant un risque pour la santé humaine à cause de ce phénomène de résistance. Cette bactérie est associée à de graves infections respiratoires et des troubles de la circulation sanguine qui peuvent se traduire par des maladies aiguës ou chroniques diverses. 

Une étude récente publiée dans le Journal of Medical Microbiology indique qu’un antioxydant présent dans le thé vert pourrait aider à lutter contre la résistance de P. aeruginosa à l’antibiotique aztréonam.

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L’étude

La molécule extraite du thé vert, l’épigallocatéchine gallate (EGCG) est un antioxydant qui, en association avec l’antibiotique aztréonam, serait efficace contre cette bactérie. 

In vitro, les chercheurs ont constaté que la combinaison aztréonam + EGCG était plus efficace pour réduire le nombre de P. aeruginosa que les deux subtances seules. Cette activité a été confirmée dans des tests in vivo sur Galleria mellonella (1), avec un taux de survie plus élevé chez les larves traitées par cette combinaison.

Selon les scientifiques, l’EGCG permettrait à l’antibiotique de retrouver toute sa force d’action, peut-être en contrant la stratégie de résistance de la bactérie.

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En pratique

Pour limiter le phénomène de résistance aux antibiotiques, quelques conseils de base :

  • Aller jusqu’à bout du traitement antibiotique même si l’état de santé s’est amélioré.
  • Ne pas exiger de traitement antibiotique contre l’avis d’un soignant.
  • Ne jamais donner à d’autres personnes des antibiotiques qui vous ont été prescrits personnellement.
  • Privilégier les produits animaux élevés sans antibiotique

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Source :
(1)    Hanna Bismuth, Laurent Aussel et Benjamin Ezraty. La teigne Galleria mellonella pour les études hôte-pathogène. Med Sci (Paris) 2019 ; 35 : 346–351


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