Pourquoi c’est important

En France, en 2016, plus de 3 millions de personnes étaient traitées pour un diabète, soit 5 % de la population, d’après l’agence Santé publique France. Cette maladie, dont les complications sont parfois graves, peut apparaître à cause d’un déséquilibre de l’insuline ou d’une résistance de l’organisme à cette hormone. Mais existe-t-il d’autres explications ?

Dans le sang, la glycémie, c’est-à-dire le taux de glucose sanguin, est contrôlée par deux hormones : l’insuline qui a tendance à réduire la glycémie, et le glucagon qui présente l’effet inverse. Ces hormones agissent sur différents organes, dont le foie. Par exemple, quand l’organisme est à jeun et manque de carburant, le foie produit du glucose qu’il libère dans la circulation sanguine : c’est la néoglucogenèse. Inversement, quand il y a trop de glucose dans le sang, le foie le stocke sous forme de glycogène.

Le foie agit donc en fonction des signaux hormonaux fournis par l’insuline et le glucagon. Mais si le foie libère du glucose de manière inappropriée, la glycémie va monter, ce qui pourrait favoriser un diabète.

Ce que montre l’étude

Chez des personnes obèses ou en surpoids, des graisses peuvent s’accumuler dans le foie et conduire à une maladie hépatique chronique : la maladie du foie gras ou NASH.

Comme l’obésité est un facteur de risque pour le diabète de type 2, on peut se demander si les lipides présents en excès dans le foie peuvent dérégler son fonctionnement, au point de provoquer le diabète. En effet, l’accumulation de lipides dans les cellules du foie a un effet sur les mitochondries, les centrales énergétiques des cellules qui jouent un rôle important dans le métabolisme. Les personnes souffrant de foie gras ont des mitochondries qui ne fonctionnent pas correctement dans le foie.

Dans un article paru dans la revue Journal of Biological Chemistry, des chercheurs de l’université de Genève ont travaillé chez l’animal pour comprendre le lien entre le foie, les lipides et la production de glucose, en lien avec le fonctionnement des mitochondries, les centrales énergétiques des cellules. Pour que la mitochondrie ait une morphologie correcte, elle a besoin de la protéine OPA1, sous sa forme « longue », non-clivée.

Les chercheurs ont créé un modèle de souris dans laquelle le foie accumule des lipides, tout en restant sensible à l’insuline. Ces souris étaient en hypoglycémie. Les chercheurs ont introduit la protéine OPA-1 sous sa forme active, pour restaurer la structure des mitochondries. Et les cellules hépatiques se sont mises à produire de manière excessive du glucose, en l’absence de signal extérieur demandant au foie de libérer du sucre !

Bien que le procédé utilisé dans cette expérience soit complexe, il montre que le foie peut produire du glucose sans signal hormonal externe, par un processus impliquant les mitochondries. Ces résultats pourraient expliquer que, chez les personnes qui ont un excès de graisse dans le foie, celui-ci libère du glucose, ce qui augmente la glycémie. D’après les chercheurs, « c’est  la première fois que l’on observe une production de glucose par le foie indépendamment d’un signal externe, en particulier hormonal. Cette découverte pourrait expliquer l’apparition de diabète de type 2 observées chez des patients atteints du syndrome du «foie gras», en-dehors de tout déséquilibre insulinique apparent.  »

En pratique

En cas d’infiltration du foie par les graisses et de graisses abdominales, il n’y a pas de secret, il faut drastiquement réduire les calories pendant quelques semaines pour “dégraisser le foie”, et augmenter aussi progressivement son activité physique. 

Dans son livre Le régime NASH contre la maladie du foie gras, Angélique Houlbert propose un régime en deux phases pour venir à bout de  la maladie du foie gras. 

Plus de détails dans son interview : “En changeant son alimentation, on peut inverser la maladie du foie gras”

Des livres pour aller plus loin : Le régime NASH contre la maladie du foie gras et Comment j’ai vaincu le diabète sans médicament


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