Pourquoi c’est important

Le réchauffement climatique qui pourrait se révéler plus élevé et plus rapide que prévu a un impact sur notre santé, notre vie quotidienne et sur ce que nous mangeons. Une étude récente montre notamment que la hausse du CO2 atmosphérique associée à la modification du climat pourrait diminuer le contenu en nutriments (fer, zinc, protéines) des cultures. Ces résultats viennent s’ajouter à ceux montrant que le réchauffement climatique pourrait conduire à des déficits en protéines chez des millions de personnes.

Une nouvelle étude parue dans la revue Ambio s’est intéressée à l’impact du changement climatique sur la disponibilité d’un acide gras oméga-3 essentiel : l’acide docosahexaénoïque (DHA). Dans la chaîne alimentaire aquatique, le DHA est produit principalement par les algues puis transféré vers les poissons que nous consommons. Les réactions biochimiques impliquées dans le processus sont sensibles à de légers changements de température. Or, le DHA est l’acide gras le plus abondant dans le cerveau des mammifères et joue ainsi un rôle crucial dans le fonctionnement cérébral.

Ce que dit l’étude

Dans cette étude, les chercheurs ont développé un modèle mathématique pour étudier la diminution potentielle de l’acide docosahexaénoïque (DHA) disponible en fonction de plusieurs cas de figure de réchauffement climatique. Ils ont utilisé entre autres la base de données du projet Sea Around Us qui évalue l’impact de la pêche sur les écosystèmes marins.

Les chercheurs ont estimé qu’actuellement la production mondiale totale par habitant est de 140 mg/jour, supérieure aux recommandations de la FAO de 100 mg/jour pour les nourrissons. Cependant compte tenu de la répartition réelle de la production de DHA, actuellement 58% de la population mondiale vit dans des zones où la disponibilité du DHA est inférieure à ce seuil.

Les résultats de la projection montrent que si le réchauffement climatique se poursuit à ce rythme, la baisse de la production de DHA qui en découlera, combinée à la croissance démographique, pourrait empêcher 96% de la population mondiale d’avoir un accès suffisant au DHA provenant de la production de poisson.

Selon les chercheurs, les personnes vivant dans les pays où la production de poissons est importante par rapport au nombre d’habitants (Norvège, Groenland, Chili, Nouvelle-Zélande) pourraient toujours consommer la dose recommandée de 100 mg par jour. Par contre, les plus grands pays de l’Asie de l’est et du sud-est (Chine, Japon, Indonésie) – mais aussi la plupart des pays d’Afrique – pourraient passer d’une production de DHA en excès à une dose inférieure au seuil recommandé d’ici 2100.

D’après leur modèle, les chercheurs estiment que le réchauffement climatique provoquerait, d’ici 2100, une perte de 10 à 58% du DHA disponible, respectivement pour le scénario climatique le plus optimiste avec une réduction agressive des émissions de gaz à effet de serre et pour le scénario le plus pessimiste (si rien ne change).

Enfin, les chercheurs ont remarqué que les zones de pêche en eau douce présentaient des diminutions de DHA plus importantes que les zones marines, en raison d’une augmentation de température plus élevée en eau douce que dans les océans.

Le réchauffement climatique réduit la production d’acides gras oméga-3 par les algues ainsi que le transfert ultérieur vers les poissons que nous consommons. Cette diminution du DHA disponible aura un impact plus important sur les populations vulnérables, à des périodes critiques du développement humain (vie fœtale, nourrissons).

En pratique

Ce genre d’études doit contribuer à la prise de conscience sur les effets dévastateurs du changement climatique, d’autant plus que les enfants sont les premières victimes des conséquences du réchauffement de la planète.

Même si certaines décisions ne peuvent être que politiques, chacun, peut à son niveau, participer à la transition écologique, notamment en revoyant ses modes de transport, sa manière de consommer (en tendant vers le zéro déchet par exemple et en privilégiant les aliments bio et locaux), où il place son argent… 

Pour vous y aider, lire Famille en transition écologique


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