Pourquoi c’est important

Selon l’OMS, les maladies non transmissibles (maladies cardiovasculaires, cancer, diabète…) sont responsables de 71% des décès dans le monde, en proportion variable selon les pays. Ainsi, 37% des décès sont imputables aux maladies non transmissibles dans les pays à faible revenu, contre 88% dans les pays à revenu élevé (chiffres 2016).

Bien comprendre les variations dans l’incidence des maladies et les causes de décès en fonction des pays et de leur situation économique permet de mettre en place des stratégies de prévention ciblées et plus efficaces. Par exemple, dans les pays riches, la prévention et les traitements ont permis de réduire le nombre de décès dus aux maladies cardiovasculaires. Les progrès ont été moins importants en ce qui concerne les autres maladies chroniques comme le cancer. Ainsi, l’incidence des différentes maladies chroniques ainsi que les causes de mortalité évoluent, comme l’expliquent des chercheurs qui ont analysé les causes de décès dans 21 pays. Leurs résultats sont publiés dans la revue The Lancet.

Ce que dit l’étude

L’étude baptisée Prospective Urban Rural Epidemiology (PURE) concerne 162 534 participants âgés de 35 à 70 ans vivant dans 21 pays différents. Le suivi a duré 9,5 ans. Les pays ont été classés selon le revenu national brut par habitant : pays à faible revenu (Bangladesh, Inde, Pakistan, Tanzanie et Zimbabwe), pays à revenu intermédiaire (Argentine, Brésil, Chili, Chine, Colombie, Iran, Malaisie, Palestine, Philippines, Pologne, Turquie et Afrique du Sud) et pays à revenu élevé (Canada, Suède, Arabie Saoudite et Emirats Arabes Unis). Les chercheurs ont analysé l’incidence des maladies, les causes de décès ainsi que les admissions à l’hôpital. 

Résultats : le taux de mortalité est plus élevé dans les pauvres et plus bas dans les pays riches. Globalement, les maladies cardiovasculaires constituent la première cause de décès. Cependant, dans les pays à revenu élevé, le nombre de décès par cancer est deux fois plus important que le nombre de décès dus aux maladies cardiovasculaires. C’est l’inverse qui est observé dans les pays à faible revenu : les maladies cardiovasculaires tuent trois fois plus que le cancer. Les chercheurs ont observé que les taux d’admission à l’hôpital et d’utilisation des médicaments étaient inversement associés à la mortalité, montrant que pour les pays pauvres, le manque d’accessibilité aux soins contribue à la mortalité. En effet, dans un autre article, les mêmes auteurs ont trouvé que les facteurs de risque habituels des maladies cardiovasculaires sont nettement plus faibles dans les pays pauvres que dans les pays riches.

Une meilleure prévention et une meilleure accessibilité aux traitements pourraient diminuer le nombre de décès par maladies cardiovasculaires dans les pays à revenu intermédiaire et à faible revenu. Si la tendance dans ces pays suit celle des pays riches, le cancer pourrait devenir la première cause de décès dans le monde.

En pratique

Qu’ils s’agissent des maladies cardiovasculaires ou de certains cancers, des modifications du mode de vie peuvent contribuer à diminuer le risque. Un des premiers conseils à donner est de surveiller son alimentation et de supprimer tous les produits ultra-transformés ainsi que les boissons et produits sucrés. Ensuite, certains aliments doivent être favorisés : crucifères, baies, les bonnes graisses…. et d’autres doivent être diminués.

Cette alimentation peut également vous aider à perdre du poids ce qui est bénéfique pour limiter le risque de cancer. Enfin, si l’alimentation contribue grandement à diminuer le risque de maladies chroniques, une activité physique régulière est également indispensable.

Pour aller plus loin, notre dossier alimentation et cancer


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