Pourquoi c’est important

Le régime paléo s’inspire de l’alimentation pré-agricole des chasseurs-cueilleurs qui consommaient de grandes quantités de fruits, légumes, feuilles, tubercules, racines, noix, de la viande, du poisson, des coquillages. Mais ce régime exclut céréales, blé, légumineuses, produits laitiers, sucre raffiné et huiles transformées, qui n’étaient pas disponibles avant que les humains commencent à cultiver des plantes et à domestiquer des animaux. Pour les adeptes de la diète paléo, l’être humain n’est pas génétiquement adapté à l’alimentation moderne industrielle qui entraîne troubles métaboliques et maladies chroniques (diabète, obésité, cancer, maladie cardiovasculaire).

Les études montrent que le régime paléo est bénéfique pour les personnes en surpoids, diabétiques ou atteintes de syndrome métabolique. Peut-il être intéressant pour les femmes enceintes ? La grossesse est en effet associée à des modifications métaboliques, biochimiques et hématologiques. Le métabolisme du glucose et celui du fer sont particulièrement impactés pendant la grossesse. Une nouvelle étude parue dans la revue European Journal of Obstetrics & Gynecology and Reproductive Biology s’est intéressée à l’effet du régime paléo sur la santé des femmes enceintes.

L’étude

Les chercheurs ont comparé 37 femmes enceintes qui ont continué à suivre le régime paléo qu’elles avaient entrepris avant la conception à un groupe de 39 femmes enceintes qui ont suivi le régime alimentaire classique recommandé par les autorités de santé pendant la grossesse. Toutes les femmes étaient en bonne santé métabolique avant leur grossesse.

Les résultats montrent que, par rapport au groupe de contrôle, les femmes du groupe paléo ont de meilleurs résultats au test d’hyperglycémie provoquée par voie orale (glycémie mesurée 1 h après ingestion de 50 g de glucose) à 24 semaines de gestation. Les chercheurs expliquent que les résultats des tests de glycémie peuvent être utilisés comme des prédicteurs fiables de la résistance à l’insuline.  La différence significative obtenue entre le groupe paléo et le groupe de contrôle (96 mg/dL contre 123 mg/dL respectivement) suggère que l’alimentation paléo pendant la grossesse pourrait avoir un effet positif sur la résistance à l’insuline, même chez des femmes à faible risque et en l’absence de diabète gestationnel.

De plus, les femmes du groupe paléo ont des taux d’hémoglobine et de ferritine (qui assure le stockage du fer dans l’organisme) plus élevés que les femmes du groupe de contrôle. Les besoins en fer sont particulièrement élevés pendant la grossesse et le régime paléo est considéré comme une alimentation favorisant un statut en fer élevé. D’abord par les aliments qu’elle contient (viande rouge, poulet, dinde, poisson, chou…) mais aussi par ceux qu’elle ne contient pas, comme les produits à base de lait de vache, réputés diminuer l’absorption du fer.

Enfin, la prise de poids pendant la grossesse était légèrement plus faible chez les femmes du groupe paléo, les poids de naissance de leur bébé également. Les scientifiques n’ont noté aucune différence significative en revanche en ce qui concerne les autres complications de la grossesse (pré-éclampsie, accouchément prématuré…) ou celles de l’accouchement.

En pratique

Si vous suivez un régime paléo et que vous envisagez une grossesse, soyez rassurée, cela ne pourra a priori qu’avoir des impacts positifs. Si vous êtes déjà enceinte, inutile de passer au paléo pour autant. Ce régime demande de gros changements qui seraient malvenus en une période déjà intense en modifications. Pour préserver votre santé et celle de bébé, le régime méditerranéen, plus facile à mettre en place peut être une excellente alternative car il limite le risque de diabète gestationnel et la prise de poids

Pour passer en douceur à l’alimentation paléo, voir tous les conseils nécessaires dans l’article Le régime paléo à la carte et pour aller plus loin, il y a l’ouvrage très pratique de d’Aglaée Jacob, Je me mets au paléo


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