Pourquoi c’est important

En France, l’entrée en classe de sixième correspond souvent à l’arrivée du téléphone portable dans les mains des adolescents ou pré-adolescents. Ce joujou numérique a des conséquences importantes sur le bien-être de l’enfant. Tout d’abord, s’il est utilisé tard le soir, il risque de gêner le sommeil. En 2015, une enquête Ipsos avait ainsi montré que 91 % des adolescents échangeaient des textos et autres messages sur leur portable dans l’heure précédent leur coucher. Et beaucoup d’entre eux ne dorment pas les neuf heures par nuit préconisées. Or le sommeil est un élément important pour la santé physique et mentale. Une étude chinoise récente semble aussi indiquer que l’usage du smartphone pourrait avoir des conséquences néfastes sur l’humeur des adolescents.

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D’après la Haute autorité de santé, environ 8 % des jeunes de 12 à 18 ans sont concernés par la dépression en France. Ce problème, en plus de générer de la souffrance psychologique chez les jeunes, peut affecter négativement leur scolarité. On peut donc se demander si l’usage du smartphone, croissant dans notre société, a une influence sur le risque de dépression des adolescents.

Ce que montre l’étude

Pour cette recherche parue dans Journal of Affective Disorders, des chercheurs américains et chinois ont étudié 11 831 adolescents de la province de Shandong en Chine, en 2015. Ces jeunes, qui avaient en moyenne 15 ans, ont répondu à des questionnaires sur leur usage du téléphone portable, leur sommeil et leur santé mentale. Il y avait à peu près autant de garçons que de filles.

22 % des jeunes utilisaient leur portable plus d’une heure par jour en semaine et 55 % plus de 2h par jour le week-end. Les chercheurs ont observé que, plus le temps passé sur le téléphone portable augmentait, plus les symptômes dépressifs étaient fréquents : ils étaient plus souvent présents avec des durées d’utilisation du portable de 2h par jour en semaine et de 5h par jour le week-end. L’association existait donc aussi bien la semaine que le week-end.

19 % des jeunes qui utilisaient leur portable plus de 2h par jour en semaine souffraient de symptômes dépressifs contre 10 % de ceux qui l’utilisaient moins d’une heure. Le week-end, 18 % de ceux qui utilisaient leur téléphone plus de 5h par jour présentaient des symptômes dépressifs, contre 9 % de ceux qui l’utilisaient moins de 2h par jour.

Les problèmes de sommeil expliquaient en partie cette association : plus le jeune utilise le téléphone portable, plus il risque de rencontrer des problèmes de sommeil et de dépression.

Plusieurs hypothèses peuvent expliquer ces résultats. Tout d’abord, il est possible qu’un jeune qui se sent déprimé aille chercher du réconfort sur les réseaux sociaux, ce qui augmente son temps d’utilisation du téléphone. Mais le flux important d’informations qui transite par le téléphone portable peut aussi générer du stress et des émotions pas toujours positives. Enfin, ajoutons que la lumière bleue du smartphone a un effet négatif sur le sommeil le soir.

En pratique

Dans cette étude, les adolescents qui utilisaient le portable moins d’une heure par jour en semaine et moins de deux heures par jour le week-end étaient significativement moins touchés par la dépression. Sensibilisez votre adolescent aux risques pour sa santé et ses problèmes de sommeil. Veillez à ce qu’il ne dorme pas avec le smartphone allumé sur sa table de chevet. Conseillez-lui de l’éteindre ou de le mettre en mode avion la nuit.

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