Certaines femmes en plein travail d’accouchement ressentent le besoin de pousser alors qu’elles ne sont dilatées qu’à 5-6 centimètres. Que risquent-elles si elles écoutent cette envie ? Doivent-elles se retenir à tout prix jusqu’à atteindre la dilatation complète ?

Accouchement : peut-on pousser avant la dilatation complète ? © iStock

Vous avez vu cette scène dans plusieurs films et séries. La femme enceinte arrive à l’hôpital après avoir perdu les eaux. Elle s’installe en salle de travail, et souffre le martyre jusqu’à entendre les mots de la sage femme : “Vous êtes dilatée à 10 centimètres, préparez-vous à pousser !” En effet, la dilatation du col de l’utérus se fait graduellement, et lorsqu’elle atteint les 10 cm, le col s’efface, créant une sorte de “tunnel” pour faire sortir le bébé.

Que se passe-t-il si la femme pousse de toutes ses forces alors qu’elle n’en ressent pas le besoin, et que son utérus n’est pas prêt ? A priori, elle va ressentir une douleur insoutenable, car son utérus disque de gonfler ou de se déchirer. Les professionnels de santé estiment que ce type de blessure peut bloquer le travail, et augmenter les risques de déchirure du col, provoquant ainsi une hémorragie. Il semble donc logique que le corps d’une femme soit conçu pour qu’elle ressente un besoin irrésistible de pousser uniquement lorsque le col est dilaté au maximum. Faux !

Ecouter son corps

Dans un article publié par le site Midwifery Today en 2008, la sage-femme américaine Lydi Owen explique que de nombreuses femmes ressentent un fort besoin de pousser ou de s’accroupir lorsque la dilatation du col s’accélère, entre 4 et 8 cm.

Quand le col est dilaté à environ 5 cm, il est extensible et fin, et ne peut plus retenir le bébé en flexion, en rotation, et en descente. C’est pourquoi la future mère peut remarquer une pression qui l’incite à pousser. Pour la sage-femme, le fait de pousser à ce moment peut aider à faire tourner le bébé, accélérer la dilatation, diminuer la douleur, et réduire la durée de l’accouchement.

D’ailleurs, une étude publiée en 2018 par la revue JAMA confirme qu’écouter son corps pendant l’accouchement est toujours bénéfique. D’après les chercheurs, une femme peut pousser à n’importe quel moment une fois que la dilatation du col est complète, peu importe qu’elle soit sous péridurale ou pas.

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Elena Bizzotto Article publié le


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