Pourquoi c’est important

La restriction calorique est connue pour augmenter l’espérance de vie dans plusieurs espèces animales. Chez l’homme, une étude récente a montré que la restriction calorique permettait de réduire les facteurs de risque de maladies cardiovasculaires et d’améliorer certains marqueurs de la condition physique et de la fonction cardiaque (pression artérielle, fréquence cardiaque et dépense énergétique). Inversement, la restriction calorique continue a également été associée à des effets négatifs sur la santé (immunodépression, réduction de la densité osseuse).

Le jeûne intermittent qui est plus facile mettre en place et à maintenir dans le temps peut représenter une alternative intéressante à la restriction calorique continue. Il existe plusieurs façons de mettre en place un jeûne intermittent. Une étude menée précédemment montre que manger un jour sur deux peut aider à prolonger l’espérance de vie. Dans une nouvelle étude parue dans la revue Cell Metabolism, des chercheurs ont évalué l’effet du jeûne en alternance (un jour sur deux) notamment sur les marqueurs du risque cardiovasculaire chez des personnes en bonne santé.  

L’étude

Les chercheurs ont réalisé une étude de population avec un essai contrôlé randomisé intégré. Parmi 462 personnes interrogées, ils ont sélectionné 30 participants qui avaient pratiqué le jeûne en alternance 1 jour sur 2 pendant au moins 6 mois avant le début de l’étude et les ont comparés à 60 participants servant de témoins. Parmi ces 60 participants du groupe témoin, 30 ont suivi une alimentation normale (groupe de contrôle) et 30 ont pratiqué le jeûne en alternance 1 jour sur 2 pendant 4 semaines.

Chez les participants qui ont pratiqué un jeûne en alternance 1 jour sur 2 pendant 4 semaines, les chercheurs ont trouvé une diminution des apports caloriques hebdomadaires d’environ 37% par rapport à leur alimentation avant l’intervention. Ils ont également noté une perte de poids et une diminution de la graisse corporelle notamment sur le haut du corps. Une élévation d’un corps cétonique – le β-hydroxybutyrate – qui aurait des propriétés anti-âge et cardioprotectrices, a également été relevée après 4 semaines de jeûne en alternance. Enfin, après l’intervention, les pressions artérielles systolique et diastolique ont diminué ainsi que la fréquence cardiaque. Pour les chercheurs, les modifications observées sont suffisantes pour significativement réduire le risque cardiovasculaire chez des personnes en bonne santé.

Les personnes qui ont adopté le jeûne par alternance un jour sur deux pendant au moins 6 mois avant l’étude présentaient d’ailleurs de meilleurs profils lipidiques que les personnes du groupe de contrôle. Elles avaient également une fréquence cardiaque plus basse. Tous ces facteurs plaident en faveur d’une meilleure santé cardiovasculaire chez les personnes qui pratiquent le jeûne intermittent.

Enfin, les chercheurs n’ont pas trouvé de perte de la densité osseuse, ni de modification de la fonction immunitaire après le jeûne en alternance.

En pratique

Il existe plusieurs façons de jeûner, à vous de trouver celle qui vous convient le mieux : sauter le petit déjeuner quotidiennement, ne pas manger un jour sur 2, le 5 :2 (manger normalement 5 jours et très peu 2 jours par semaine, la TRF (période d’alimentation restreinte…). Si le jeûne intermittent permet de perdre du poids et d’améliorer son état de santé, il ne doit pas être pratiqué par tout le monde. Ainsi, les personnes présentant des problèmes hormonaux, les femmes enceintes et allaitantes, les diabétiques, les personnes ayant des troubles du comportement alimentaire et celles dont l’indice de masse corporelle (IMC) est inférieur à 18,5 ne devraient pas y avoir recours.

 Pour aller plus loin : Le Fasting de JB Rives et Le guide complet du jeûne du Dr Fung


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