Pourquoi c’est important

Aujourd’hui les maladies non-transmissibles telles que les cancers, les troubles cardiovasculaires, le diabète de type 2, représentent les principales causes de décès prématurés dans le monde. Or l’alimentation est un facteur de risque important pour ces pathologies. Au cours des dernières décennies, en France comme ailleurs dans le monde, les habitudes alimentaires ont changé : en moins d’un siècle, nous sommes passés d’une alimentation essentiellement préparée à partir de produits frais et peu transformés à un régime enrichi en aliments ultra-transformés. Ces derniers ont été associés à un risque accru d’obésité et de mortalité précoce. Mais leur influence sur la qualité globale de la nourriture n’a pas été encore très bien évaluée.

Dans le monde les plus gros consommateurs de ces aliments ultra-transformés par habitant sont les États-Unis, suivis du Canada, de l’Allemagne, du Mexique et de la Belgique. En sixième position arrive l’Australie, pays dans lequel a été réalisée une étude tentant d’évaluer les conséquences de la consommation de ces produits sur les apports nutritifs des habitants.

Ce que montre l’étude

Cette étude réalisée par des chercheurs brésiliens et australiens paraît dans la revue BMJ Open. Elle vise à dresser un état des lieux de la consommation d’aliments ultra-transformés en Australie et de ses conséquences sur les apports en nutriments. L’étude a inclus plus de 12 000 participants de plus de deux ans.

Les scientifiques ont utilisé la classification NOVA pour ranger les aliments en quatre catégories :

  • les aliments ultra-transformés : les boissons sucrées, les chips, les sucreries, les plats surgelés tout prêts, les céréales pour petit déjeuner (mais pas le muesli composé de mélange de produits bruts !), les soupes instantanées, les biscuits avec de nombreux additifs…
  • les aliments transformés, contenant peu d’ingrédients : fromage, pain, boissons alcoolisées…
  • les aliments peu ou pas transformés : fruits, légumes, graines, viandes, œufs, lait…
  • les ingrédients culinaires transformés : sucre, huile, vinaigre…

Les résultats sont nets : les aliments ultra-transformés sont les aliments les plus consommés dans ce pays puisqu’ils représentent 42 % des apports énergétiques. Puis venaient les aliments peu ou pas transformés (35 %), les aliments transformés (16 %) et enfin les aliments culinaires transformés (7 %). À titre de comparaison, aux États-Unis, ce sont 57 % des apports énergétiques qui proviennent des aliments ultra-transformés. Chez les 20 % d’Australiens qui mangeaient le moins d’aliments ultra-transformés, ces derniers représentaient environ 13 % de leurs apports énergétiques.

Les auteurs ont noté que plus quelqu’un mangeait des aliments transformés, plus ses apports en sucres, graisses totales, saturées ou trans, sodium (sel), étaient élevés, et plus ses apports en fibres et potassium étaient bas. Les personnes qui mangeaient le plus d’aliments ultra-transformés étaient, sans surprise, celles qui respectaient le moins les recommandations nutritionnelles officielles.

Particulièrement énergétiques, les aliments ultra-transformés sont riches en sel, « mauvaises » graisses, sucres ajoutés et additifs : un mauvais cocktail pour la santé. Les auteurs en concluent que la diminution de la part de ces aliments pourrait améliorer la qualité de l’alimentation des habitants et donc leur santé. L’Australie possède le cinquième taux d’obésité le plus élevé dans les pays de l’OCDE.

En pratique

Pour éviter les aliments ultra-transformés, il n’y a pas de mystère : il faut privilégier la cuisine maison et les aliments qui ne nécessitent pas de grande transformation. Par exemple, pour un petit creux dans la journée, on privilégiera des fruits frais ou secs plutôt qu’une barre chocolatée. Si vous manquez de temps pour cuisiner, pensez à préparer de grosses quantités à l’avance !

Les aliments bruts, ou peu transformés, doivent représenter au moins de 85% de notre assiette, préconise le chercheur Anthony Fardet, auteur de Halte aux aliments ultra-transformés ! Mangeons vrai.

Des conseils pour vous y aider :

Des livres pour aller plus loin : Halte aux aliments ultra-transformés et Le bon choix au supermarché


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