Quel que soit le milieu sportif dans lequel on évolue, il est quasiment impossible de ne pas en avoir entendu parler : les cétones suscitent l’engouement et elles ont été particulièrement été mises en lumière lors du Tour de France cycliste 2019. 

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Les corps cétoniques sont des composés produits naturellement par l’organisme lorsqu’il est en manque de son carburant préféré, le glucose, comme lors d’une période de jeûne. Le principe du désormais bien connu régime cétogène, c’est d’ailleurs cela : manger très peu de glucides (moins de 50 g par jour) et beaucoup de gras afin de stimuler la fabrication de corps cétoniques. En augmentant la quantité de cétones dans le corps, on change ainsi de métabolisme et on utilise les cétones pour fonctionner (au lieu du glucose), ce qui permettrait, entre autres, d’accroître la lipolyse (destruction des graisses).

Si ce régime possède des vertus thérapeutiques dans le traitement de l’épilepsie, pour prévenir la prise de poids et le diabète de type 2, ses effets sur les performances sportives sont moins bien connus. Plusieurs études suggèrent qu’il aurait un intérêt physiologique dans les sports d’endurance grâce aux effets métaboliques des fameuses cétones. Ces dernières sont soupçonnées d’aider à lutter contre le catabolisme musculaire (donc de favoriser la préservation des muscles), ou encore de favoriser l’utilisation de la graisse intra-musculaire, et elles semblent donc, a priori, pouvoir servir la performance. 

Néanmoins, il manque encore des preuves indiquant que le régime cétogène améliore les performances. On trouve uniquement des études de cas, des athlètes pour qui “cela fonctionne”, mais rien de plus convaincant. Mais que se passe t-il alors lorsqu’on prend des suppléments de cétones exogènes, sans suivre ce régime ?

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Les cétones : la nouvelle panacée ?

Plusieurs études se sont intéressées à la prise de cétones en complément chez le sportif principalement. Par exemple, dans un essai contrôlé randomisé croisé en double aveugle, la prise d’un complément de cétones pendant 12 semaines a permis d’améliorer les capacités aérobie et anaérobie de sportifs de combat sans avoir d’effets mesurables sur leur métabolisme. Plus récemment, une étude de l’Université Catholique de Louvain (UCL) s’est intéressée à l’effet de la prise de boissons à base de cétones sur les symptômes du surentraînement lors d’efforts “surchargés”. Autrement dit, lors d’efforts où la récupération ne peut pas être optimale comme dans de grandes compétitions telles que le Tour de France (où les cétones sont très populaires) ou la Coupe du Monde de Football

Les scientifiques belges ont remarqué un effet bénéfique des cétones sur le système nerveux, l’excrétion de certaines hormones (adrénaline principalement) et sur la fréquence cardiaque au repos ainsi que sur la charge d’entraînement que les sportifs pouvaient encaisser (par comparaison avec une boisson classique). Ils ont également identifié ce qui pourrait devenir à l’avenir un marqueur du surentraînement : le growth differentation factor 15. La prise de cétones entraînerait une diminution de ce biomarqueur. 

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En pratique

Les boissons aux cétones semblent prometteuses mais n’ont pas encore fait la preuve de leur efficacité. Et à part de grandes équipes sportives peu de monde peuvent en acheter, vu leur coût prohibitif. Si le régime cétogène ne peut pas être conseillé aux sportifs, selon l’Anses, l’entraînement à glycogène bas se révèle de plus en plus comme une alternative intéressante pour améliorer les performances et limiter les problèmes digestifs lors des courses d’endurance.

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