L’envie de sucre des tout-petits est innée, et liée à des besoins évolutifs. C’est pourquoi ils se transforment en vampires assoiffés de bonbons. Mais si une consommation de sucre modérée n’est pas un problème, l’arrivée des sucres ajoutés dans l’alimentation industrielle a changé la donne.

Le sucre, aussi dangereux pour les enfants que pour les adultes © iStock

Les enfants adorent les bonbons. Et beaucoup d’adultes aussi. Mais même les adultes les plus gourmands ont du mal à terminer un sachet de bonbons entier, alors qu’un enfant peut y arriver sans difficultés. Pourquoi ? Dès la naissance, les tout petits ont une préférence innée pour le lait maternel à cause de son goût sucré.

La théorie scientifique pour expliquer cette tendance est que les aliments sucrés offraient un avantage évolutif aux premiers êtres humains : des calories. Les aliments amers, en revanche, étaient plus susceptibles d’être toxiques. L’attirance pour le sucre se serait ainsi inscrite dans nos gènes. Ce désir est toutefois censé s’estomper avec l’âge et l’expérience. Et heureusement, car une alimentation riche en sucre est associée à de nombreux risques pour la santé.

Mais l’arrivée des sucres ajoutés dans l’alimentation industrielle a changé la donne. Alors que les experts recommandent une alimentation sans sucres ajoutés jusqu’à l’âge de deux ans, et limitée en sucre entre 2 et 18 ans, ce seuil est largement dépassé par la majorité des enfants vivant dans les pays occidentaux.

Eliminer les boissons sucrées

Une grande partie de la recherche effectuée jusqu’à présent suggère que l’ingestion d’une quantité excessive de sucre est tout aussi dangereuse pour les enfants que pour les adultes, rappelle le Time. L’abus de sucre, et notamment de boissons artificiellement sucrées, au cours de la grossesse et chez les tout-petits est associé à des difficultés d’apprentissage et de mémoire, ainsi qu’une hausse des risques d’obésité. D’autres recherches ont montré que l’augmentation de l’apport en sucre chez l’enfant augmente les risques d’hypertension, de maladie du foie et de diabète de type 2.

Ces conclusions un peu alarmistes ne signifient pas que les enfants devraient être totalement privés de friandises. Une dose de sucre modérée est acceptable. Le problème vient notamment du fait que l’alimentation transformée et ultra-transformée est déjà très riche en sucre.

Alors, y a-t-il des solutions ? La plus évidente consiste à éviter les aliments transformés. Mais pour les parents qui n’ont pas le temps de préparer des repas fait maison, le simple fait de choisir des céréales pour le petit déjeuner et d’autres gâteaux en version sans sucre ajouté est déjà bénéfique. D’autre part, les fruits, les légumes, le lait et le yaourt non sucré font partie des aliments contenant naturellement du sucre, sans nuire à la santé de l’enfant. Enfin, si vous deviez changer un seul aspect de l’alimentation de votre famille, il est conseillé d’encourager les plus jeunes à boire de l’eau plutôt que des boissons sucrées.

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Elena Bizzotto Article publié le 2 août 2019


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