Pourquoi c’est important 

Réel problème de santé publique, la résistance des bactéries aux antibiotiques progresse de façon inquiétante (elle est responsable de 33 000 morts en Europe chaque année) et pourrait être l’une des premières causes de mortalité en 2050. 

Le nombre de décès dus à Pneumoniae K (souche de Klebsiella pneumoniae, qui fait partie des 12 agents pathogènes prioritaires) résistante au carbapénème a par exemple été multiplié par 6 entre 2007 et 2015. Cette bactérie est présente dans les intestins des humains, mais peut s’avérer meurtrière lorsqu’elle se retrouve dans le reste du corps. 

La propagation des infections serait elle aussi responsable de la résistance aux antibiotiques, voire plus encore que l’utilisation de ces médicaments. Une récente étude sur cette bactérie rapporte que les hôpitaux seraient le lieu où la transmission est la plus importante.

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L’étude 

Dans cette étude publiée dans Nature Microbiology, 1700 échantillons de bactéries ont été analysés sur des patients de 244 hôpitaux dans 32 pays européens.

En séquençant le génome des souches récoltées, les chercheurs ont trouvé un gène responsable de la résistance à un groupe d’antibiotiques : les carbapénèmes décrits comme le « dernier espoir » contre cette bactérie et souvent utilisés en dernière intention. Ce gène produit des enzymes appelées carbapénémases luttant contre cette classe de médicaments et les empêchant d’agir. 

Par ailleurs plus de 50% des échantillons dans lesquels ce gène était présent étaient étroitement liés à d’autres échantillons prélevés dans le même hôpital, ce qui sous-entend que les bactéries se propagent principalement entre les patients d’un même hôpital.
Les bactéries sont donc capables de muter et de s’adapter très rapidement tandis que l’hygiène des hôpitaux est insuffisante pour empêcher la propagation des infections nosocomiales.

En pratique

Ces résultats seraient dus à la surconsommation d’antibiotiques dans les hôpitaux. Mais les chercheurs insistent aussi sur les règles d’hygiène que doivent suivre ces établissements pour lutter contre la résistance aux antibiotiques, notamment vis-à-vis des patients porteurs de ces bactéries résistantes. 
Les alternatives aux antibiotiques contre les souches résistantes ne sont pas encore utilisées en France, et pour certaines, pas vraiment encore au point.

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