Les mycoses vaginales, lorsqu’elles se répètent, peuvent devenir très désagréables, voire insupportables. La vérification de la nature de la mycose, la prise d’un traitement adapté, l’élimination des facteurs de récidives ainsi que le rééquilibrage de la flore vaginale sont nécessaires pour en venir à bout. Retrouvez toutes les solutions de notre expert gynécologue, le Dr Odile Bagot, pour rompre ce cercle infernal.

Mycoses vaginales à répétition © Adobe Stock/ruigsantos

Un épisode de mycose vaginale n’a rien d’exceptionnel. Le germe en cause, le champignon Candida albicans, fait partie de la flore naturelle du vagin et peut provoquer des brûlures et des pertes blanches inhabituelless’il se multiplie anormalement. Mais avoir trois ou quatre mycoses par an, voire plus pour certaines femmes, c’est beaucoup trop ! Pour y mettre fin, cela nécessite de comprendre le pourquoi de ces récidives.

1. On s’assure de prendre le bon traitement

Les ovules et les crèmes antifongiques vendus sans ordonnance en pharmacie sont aussi efficaces que ceux prescrits par le médecin. On peut donc les utiliser en toute confiance. Le problème, c’est qu’il est tentant, et fréquent, de ne se traiter qu’avec la crème car les brûlures sont surtout localisées au niveau de la vulve. Or, celle-ci ne détruit pas les levures présentes dans le vagin, à coup sûr responsables d’une récidive quelques jours plus tard !

Il faut donc toujours associer crème et ovule à libération prolongée, plus pratique car actif durant 3 jours (MycoHydralin 500 mg, Myleugyne LP…). Pendant cette période, on évite le port de tampons ou l’utilisation d’autres ovules vaginaux qui pourraient compromettre l’action de l’antifongique. Le premier jour, une exacerbation des brûlures et picotements est normale car liée à la destruction du champignon qui libère des substances irritantes.

 Il faut toujours associer crème et ovules à libération prolongée pour détruire les germes dans le vagin.

2. On vérifie qu’il s’agit d’une mycose

« Même si le diagnostic a été posé une première fois par le médecin, des signes cliniques identiques ne signifient pas qu’il s’agit à nouveau d’une mycose », explique le Dr Odile Bagot. Certaines bactéries provoquent des symptômes très similaires, c’est notamment le cas du streptocoque B. Une autre bactérie (Gardnerella vaginalis), est, elle, à l’origine de pertes colorées et malodorantes.

Pour lever le doute, on peut faire un autotest de diagnostic vaginal (HydralinTest, en pharmacie). Pour le Dr Bagot, « il est plutôt fiable pour confirmer l’infection mycosique. » En revanche, si ce n’est pas une mycose, un prélèvement vaginal est nécessaire pour isoler le germe en cause. En attendant les résultats (48 à 72 heures), le médecin prescrit un traitement anti-infectieux qu’il adaptera à la bactérie identifiée (par voie vaginale et/ou orale : Polyginax, Flagyl, Secnol, amoxicilline…).

À noter qu’un problème dermatologique peut aussi être diagnostiqué. « Par exemple, un psoriasis peut induire des démangeaisons vulvaires », illustre le Dr Bagot.

3. On élimine les facteurs favorisant les récidives

En théorie, toutes les situations associées à des modifications hormonales, comme la grossesse ou la ménopause, augmentent le risque de mycose. « En pratique, ce sont surtout la prise d’antibiotiques et des séances plusieurs fois par semaine en piscine ou jacuzzi qui sont à l’origine de mycoses récidivantes », note le Dr Bagot. Si les mycoses surviennent après la prise d’antibiotiques, le médecin prescrira en prévention des ovules antifongiques. En cas d’oubli, on peut recourir à ceux disponibles en automédication.

Dans le second cas, « le port d’un tampon imprégné de probiotiques limite le risque de récidives car il fait barrière à l’eau et enrichit la flore en lactobacilles, les bactéries protectrices de la flore vaginale », dit le Dr Bagot. On évite tout facteur favorisant les irritations ou la macération : strings, sous-vêtements synthétiques, port continu de protège- slips. « Douches et toilettes vaginales sont aussi déconseillées car elles déséquilibrent la flore », insiste la spécialiste.

On rééquilibre sa flore vaginale

« S’il y a récidives de mycoses, c’est que l’équilibre de la flore vaginale est rompu. Il est donc important de faire une cure de probiotiques pour les prévenir », explique le Dr Bagot. Les lactobacilles, des bactéries présentes en grande quantité au niveau du vagin, empêchent que d’autres germes prennent le dessus et ne deviennent pathogènes.

C’est pourquoi un médicament associant des lactobacilles et des estrogènes (qui “nourrissent” la flore vaginale) est fréquemment prescrit en cas d’infection récidivante (Trophigil, sur ordonnance). En automédication, plusieurs références renferment ces fameux lactobacilles protecteurs. « Ceux à introduire dans le vagin sont à privilégier car ils semblent plus efficaces que des prises orales », précise le Dr Bagot. Il est recommandé de les prendre après un épisode de mycose en relais du traitement antifongique durant une semaine, puis à titre préventif, trois à cinq jours chaque mois, par exemple juste après les règles.

La mycose vaginale n’empêche pas de faire l’amour, la femme n’est pas contagieuse. Néanmoins, le rapport sexuel peut aggraver l’irritation ou être douloureux.

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Si vous préférez les gélules, choisissez celles qui contiennent au moins 1 milliard de probiotiques. Les cures doivent alors durer au moins 1 mois, à renouveler plusieurs fois dans l’année.

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Nathalie Belin, docteur en pharmacie Dr Odile Bagot, gynécologue Article publié le


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