Dans l’immense majorité des cas, une infection par un papillomavirus  humain (HPV) est à l’origine du cancer du col de l’utérus. Un dépistage régulier permet de repérer les lésions à temps. 

Cancer du col de l’utérus : quelles en sont les causes ?

Plus de 99 % des cancers du col de l’utérus sont dus à une infection par un papillomavirus (HPV). Cette famille de virus comprend environ 150 spécimens identifiés, « dont une quinzaine sont connus pour être responsables de lésions invasives du col de l’utérus », précise le Pr Jean Gondry, gynécologue et président de la Société française de colposcopie et de pathologie cervico-vaginale.

Des virus HPV très fréquents

Ces virus HPV sont présents sur la peau et les muqueuses. Ils sont très fréquents. « Plus de 80 % de la population les rencontrent au cours de sa vie », explique le Pr Gondry. Ainsi, les verrues plantaires sont dues à un papillomavirus.

Les HPV 16, 18, 31, 33, 35, 45, 52, 58, 39, 51, 56 et 59 sont plus spécifiquement considérés comme étant « à haut risque ou potentiellement oncogènes » par l’Institut national du cancer. 

Le vaccin Gardasil 9, qui est actuellement le vaccin recommandé aux jeunes filles de 11 à 14 ans, protège contre neuf souches de HPV (16,18,6,11,31,33,45,52,58), dont sept des plus dangereuses. « Cette vaccination protège contre 90 % des virus responsables du cancer du col de l’utérus », assure le gynécologue.

Des défenses immunitaires pas toujours efficaces

La plupart des femmes éliminent naturellement ce virus dès lors qu’il est présent dans leur organisme.

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« Très fréquent et bénin chez les jeunes femmes, le virus HPV est naturellement éliminé par 90 % d’entre elles en 3 ou 4 ans », rappelait le Collectif HPV Maintenant ! en avril dernier lors d’une conférence de presse appelant à un meilleur dépistage.

En effet, certaines femmes résistent moins bien aux papillomavirus, en particulier lorsque leurs défenses immunitaires sont affaiblies. Certains facteurs diminuent l’efficacité de cette immunité, comme le tabac, la prise d’un traitement anti-rejet après une greffe d’organe, un traitement par corticoïdes au long cours, ou une infection par le virus du sida mal contrôlée. 

Enfin il faut savoir que, plus on a de partenaires sexuels, plus la probabilité de rencontrer des papillomavirus est forte.

L’importance du dépistage

Lorsqu’une infection par un virus HPV persiste, un cancer du col de l’utérus peut se développer en une dizaine d’années. Au cours de cette période, des lésions précancéreuses peuvent être dépistées grâce à des frottis effectués régulièrement. Le bon rythme : une fois tous les trois ans, après deux frottis normaux. Cet examen est pris en charge gratuitement pour les femmes de 25 à 65 ans. 

Il faut savoir que le pic d’incidence des cancers du col utérin se situe autour de 42 ans. 

Un traitement précoce permet d’éliminer les lésions suspectes à temps, avant qu’elles ne dégénèrent en cancer. « Le cancer du col de l’utérus est médicalement évitable par des mesures de prévention comme le dépistage et la vaccination des jeunes filles », rappelle le Pr Gondry. 

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Sylvie Dellus Expert : le Pr Jean Gondry, gynécologue et président de la Société française de colposcopie et de pathologie cervico-vaginale. Article publié le


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