L’hypertension artérielle augmente le risque de maladies cardiovasculaires. En France, près d’un adulte sur trois en souffre, parfois sans le savoir. Il est recommandé de se dépister une fois par an, dès l’âge de 30 ans. Chacun peut effectuer cette automesure très facilement, à domicile. 

Une tension normale, c'est quoi ?

Ce qu’on appelle familièrement «la tension» reflète la pression du sang sur les parois des artères. Une tension trop élevée est le signe d’une souffrance de ces gros vaisseaux sanguins. Si la situation perdure, le risque d’infarctus, d’accident vasculaire cérébral ou d’insuffisance cardiaque augmente. 

Selon le Pr Xavier Girerd, cardiologue et président de la Fondation de recherche sur l’hypertension artérielle, chaque personne en bonne santé devrait effectuer cet auto-dépistage « une fois par an, dès l’âge de 30 ans ». En cas d’antécédents familiaux d’hypertension, le rythme est à définir avec son médecin traitant.

La tension peut varier au cours de la journée mais, en moyenne, elle ne doit pas dépasser un certain seuil. Pour le mesurer, on dispose aujourd’hui d’appareils électroniques, des tensiomètres, très simples d’utilisation. Ainsi chacun peut évaluer lui-même sa tension, à domicile ou dans une pharmacie, parfois dans son entreprise. Le résultat affiché par l’appareil permet de savoir si sa tension est normale ou pas.

Bien utiliser un tensiomètre

L’automesure tensionnelle s’effectue au repos, dans un environnement calme : pas de téléphone, pas de discussion animée, pas de cigarette non plus (le tabac fait monter la tension). 

Il suffit d’enfiler un brassard au niveau du bras (le bras est préférable au poignet) et d’appuyer sur le bouton de mise en route. Le brassard peut être directement en contact avec la peau ou sur une épaisseur fine de vêtement, une chemise par exemple.

À la fin de la mesure, l’appareil affiche deux valeurs. La première correspond à la pression systolique (Sys sur l’écran), c’est-à-dire la pression lors de la contraction du cœur. La seconde correspond à la pression diastolique (Dia sur l’écran), c’est-à-dire la pression lors du relâchement du cœur. 

Le bon rythme

Dans l’idéal, il faudrait effectuer trois mesures le matin (espacées d’une minute) et trois le soir, pendant trois jours. Ces 18 mesures vont permettre à l’appareil électronique de calculer une moyenne. Grâce à cet indicateur, le médecin traitant posera, éventuellement, un diagnostic d’hypertension artérielle et pourra, au besoin, instaurer un traitement.

Dès le mois d’août 2019, ces données d’automesure pourront être enregistrées sur une appli gratuite, Dépist’HTA (sur IOS et Androïd), mise au point par la Fondation de recherche sur l’hypertension artérielle. Elle facilite ainsi le suivi. Une campagne nationale d’information sur l’automesure sera d’ailleurs organisée du 2 au 29 septembre 2019. 

Les bons chiffres

Les spécialistes de l’hypertension considèrent aujourd’hui que les deux valeurs, la pression systolique et diastolique, ne doivent pas dépasser 135/85 millimètres de mercure (mmHg), en moyenne. « Si l’un de ces deux chiffres est supérieur, vous devez considérer que vous avez un risque de maladies cardiovasculaires », observe le Pr Girerd.

Ces valeurs sont valables tout au long de la vie. Mais, avec l’âge, la pression systolique a tendance à augmenter. Aussi, chez les personnes de plus de 80 ans, la moyenne à ne dépasser est de 145/85.

Que faire en cas de pic de tension ?

La pression artérielle n’est pas stable. Elle peut augmenter de manière ponctuelle, par exemple lorsqu’un traitement contre l’hypertension n’est pas correctement ajusté. Certaines personnes âgées s’en inquiètent parfois. Or, le plus souvent, il n’y a pas de raisons de s’affoler. « Pour nous médecins, un pic de tension n’est à prendre en considération que s’il s’accompagne de problèmes cardiaques ou de signes d’accident vasculaire cérébral. En cas de paralysie, d’essoufflement ou de douleur dans la poitrine, c’est une urgence. Sinon, il suffit de se reposer une quinzaine de minutes avant de reprendre sa tension pour voir comment elle a évolué. Si elle reste haute, sans symptômes cardiaques, il faudra revoir son médecin traitant », rappelle le cardiologue. 

Et si elle est trop basse ?

La tension n’est considérée comme anormalement basse que lorsque la pression systolique est inférieure à 90 en pleine journée. De telles valeurs sont naturellement atteintes au cours de la nuit, dans les phases de sommeil profond. Il arrive qu’au réveil, la tension soit encore un peu basse, provoquant des étourdissements. On parle alors d’hypotension orthostatique. Ce phénomène n’est pas inquiétant en soi. Mais le risque de chute, lui, est bien réel ! 

Sylvie Dellus Expert : Pr Xavier Girerd, cardiologue, président de la Fondation de recherche sur l’hypertension artérielle Article publié le


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