La connaissance épidémiologique des cancers vient s’affiner avec un nouveau rapport de Santé publique France et de l’Institut national du cancer sur l’incidence et la mortalité du cancer de 1990 à 2018. Le nombre de cancers et de sous-types de cancers étudiés dans ce rapport (par tranche d’âge et par sexe) permet une meilleure compréhension des causes et une meilleure analyse de l’efficacité des traitements et des programmes de prévention mis en place.

Des chiffres défavorables pour les femmes

Alors que l’incidence du cancer du poumon reste stable chez l’homme (malgré un taux deux fois plus élevé que pour les femmes), l’évolution est défavorable chez la femme avec un nombre plus élevé de cas et une mortalité accrue. Une évolution liée à l’augmentation de la consommation de tabac.
Les données permettent de mieux définir la responsabilité des différents facteurs de risque. Dans ce cas, c’est l’augmentation de la concentration en nitrosamines des cigarettes qui peut expliquer en partie l’effet du tabac sur ce cancer. Aucun lien n’a cependant été évoqué sur le risque majeur que représente la pollution de l’air.

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La prévention pas assez efficace ?

Cancers du pancréas, du rein, de la peau, pourtant ciblés par la prévention depuis plusieurs années, sont en augmentation alors qu’on peut agir facilement sur leurs facteurs de risque : alcool, tabac, alimentation, obésité, hypertension, exposition aux rayons UV…

Cancer du pancréas 
Avec une double augmentation pour le nombre de nouveaux cas et pour le nombres de décès, les chiffres observés pour ce cancer sont difficiles à justifier dans la mesure où ils sont différents de ceux observés dans d’autres pays industrialisés.

Cancer du rein
En ce qui concerne le cancer du rein ce sont le tabac, l’obésité et l’hypertension artérielle qui sont incriminés dans le nombre croissant de cas diagnostiqués et de décès enregistrés chez l’homme.
 

Mélanome cutané
De même, la hausse du mélanome cutané observée chez l’homme, est vraisemblablement due à une exposition aux rayonnements ultraviolets (UV) naturels et artificiels plus importante qu’elle ne l’était auparavant chez les générations précédentes.

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L’impact du dépistage, diagnostic et des nouveaux traitements

Pour le cancer du sein, de la prostate, du col de l’utérus et le cancer colorectal, l’évolution positive est le résultat, selon les chercheurs, de la mise en place de dépistages organisés, avec par conséquent des diagnostics de plus en plus précoces et un progrès dans les traitements.

Cancer du sein
Malgré l’augmentation de l’incidence entre 2010 et 2018, le taux de mortalité diminue depuis 1990 pour le cancer du sein. Mais l’intensification du dépistage pourrait être en lien avec l’augmentation du nombre de cancers diagnostiqués. Le dépistage révèlerait ainsi des cancers qui ne se seraient peut-être pas manifestés sans lui. Ce qui expliquerait pourquoi la baisse du taux de mortalité n’est pas significative.

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Cancer de la prostate 
La prostate est la localisation du cancer la plus fréquente chez l’homme. Selon les chercheurs la réduction du nombre de cas diagnostiqués et de décès est due à l’amélioration des traitements et au dépistage permettant de découvrir des cancers à des stades curables. Mais si ces chiffres semblent positifs pour les épidémiologistes, les traitements inutiles et invalidants, notamment l’ablation de la prostate, sont dénoncés par de nombreux chercheurs. D’autant que ce cancer a une évolution très lente dans la majorité des cas, et qu’il pourrait ne nécessiter qu’une surveillance active.

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