Maladie infectieuse, le paludisme se manifeste par la survenue d’épisodes de fièvre intense, avec fatigue et maux de tête. Les différents médicaments disponibles (artémisinine, luméfantrine, pipéraquine, artésunate IV…) sont efficaces pour traiter la crise (accès palustre), à condition que la prise en charge soit précoce et le suivi médical précis.

Comment traiter une crise de paludisme ? © iStock

Le paludisme est l’une des maladies infectieuses, dont l’évolution peut être mortelle chez l’homme. S’il est indispensable de se protéger des moustiques lorsque l’on voyage dans un pays où sévit le paludisme, il faut savoir qu’aucune mesure préventive (médicament, répulsif ou moustiquaire) n’est fiable à 100 %. Parmi les milliers de cas de paludisme français importés d’un récent voyage, plusieurs patients avaient suivi les mesures de prévention recommandées par les autorités de santé. Si une fièvre survient dans les jours suivant votre retour d’un pays tropical, consultez sans tarder le service des urgences les plus proches, en signalant votre récent voyage à l’infirmière de tri.

Dès la confirmation de la présence du parasite dans la circulation sanguine par le laboratoire d’analyse, les médecins instaurent le traitement curatif pour traiter ce qu’ils appellent “l’accès palustre”.

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Quels sont les symptômes du paludisme ?

Les médicaments pour traiter un accès palustre

De nombreux médicaments sont actifs sur Plasmodium, le parasite en cause dans le paludisme et transmis à l’homme par une piqûre de moustique. Les indications thérapeutiques varient surtout en fonction de l’espèce parasitaire en cause (il existe quatre espèces principales de Plasmodium). En France, les patients sont généralement hospitalisés pour être gardés sous surveillance.

Le traitement se fait par voie orale ou par voie injectable, selon l’intensité des symptômes. Le traitement est efficace et les rechutes sont très rares aujourd’hui, notamment grâce aux dérivés de l’artémisinine. En France, ces molécules sont toujours couplées à la luméfantrine ou à la pipéraquine en traitement de l’accès palustre. L’artémisinine expose par ailleurs à moins d’effets indésirables que les autres molécules.

En cas d’accès sévère, l’efficacité de l’artésunate intraveineux (IV) est bien supérieure à celle de la quinine IV, qui a été d’ailleurs été progressivement abandonnée dans cette indication.

Dans tous les cas, le médecin s’assure que le traitement tue le parasite. Ensuite « les préconisations de l’Organisation mondiale de la santé demandent la surveillance de la maladie par un prélèvement biologique à trois jours, puis à cinq jours après la fin du traitement », indique le Pr Daniel Camus, à l’origine des recommandations sur le paludisme pour le Haut conseil de la santé publique. Ce contrôle est associé à un examen clinique complet.

La fièvre et les troubles du transit peuvent par ailleurs entraîner une déshydratation importante, voilà pourquoi il est conseillé de boire un maximum d’eau, durant toute la durée du traitement.

Enfin, si la crise survient chez un enfant, n’oubliez pas que le plonger dans un bain trop froid, même si cela fera baisser sa température, est radicalement déconseillé, ce choc étant susceptible de provoquer des crises convulsives.

Pas d’immunité acquise

Une précédente infection par le paludisme n’immunisera pas un voyageur occasionnel, même pluriannuel. Seules les personnes vivant dans les pays endémiques peuvent développer, dans certains cas, une immunité. C’est pourquoi il sera indispensable de respecter les mesures de prévention, et la prise d’un médicament antipalustre sans oubli, et selon la prescription, pour chaque déplacement en pays où sévit le parasite.

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Tina Gereral, pharmacienne Pr Daniel Camus, Institut Pasteur de Lille, coordonnateur du groupe de travail « Recommandations sanitaires aux voyageurs » de Santé publique France et membre du Haut comité de Santé publique Article publié le


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