Pourquoi c’est important 

Les médecins rêvent du jour où ils pourront dire à leur patient : “vous êtes infecté par le VIH mais tout va bien se passer”. Oui, car même si la médecine a fait énormément de progrès, faisant passer cette infection meurtrière (36,7 millions de personnes infectées, 5000 nouveaux cas chaque année, 1 million de décès dus au VIH par an) au stade de maladie chronique, le diagnostic du sida est toujours perçu comme une sentence irrévocable, un combat perdu d’avance, face à l’un des plus grands tueurs de notre époque.

Et bien un tel espoir vient de naître, le 02 juillet 2019, après la publication d’une étude conduite par des chercheurs américains parue dans Nature Communications. Ces derniers ont réussi à éradiquer la moindre trace de matériel génétique du VIH in vivo, au sein d’organismes de souris “humanisées”, c’est-à-dire ayant un système immunitaire humain.

L’étude 

La prouesse que vienne de réaliser ces expérimentateurs requiert de très bonnes bases en biologie moléculaire et génétique pour être bien comprise mais voici ce qu’on peut en dire de manière simple.

Tout d’abord, les scientifiques ont “humanisés” les souris en leur injectant un système immunitaire humain et en vérifiant que celui-ci était effectif dans leur corps. Ensuite, ils ont contaminé les rongeurs avec le VIH-1. Après cela, ils ont divisé les souris en 4 groupes distincts pendant 14 semaines : 

  • Un groupe sans traitement 
  • Un groupe qui recevait un traitement à action génétique (à l’aide d’une protéine appelée CAS-9)
  • Un groupe sous traitement antirétroviral nanotechnologique (appelé LASER ART et développé par le laboratoire des chercheurs qui ont publié l’étude)
  • Un groupe qui recevait les deux traitements 

C’est ce dernier traitement combiné qui est parvenu à supprimer toute trace du virus au sein des cellules et des tissus (tandis que les autres traitement n’y sont pas parvenus) ainsi qu’à accroître le plus le nombre de lymphocytes. Néanmoins quelques souris du même groupe ont vu l’ADN viral du VIH faire un “rebond” après les traitements et n’ont donc pas été guéries définitivement. Cependant le fait que certaines d’entres elles aient pu guérir montre qu’il y a, avec ce traitement combiné, quelque chose de sérieux à explorer. 

“En tant que tels, ces résultats offrent des pistes faciles à définir et réalistes pour l’élaboration de stratégies d’élimination du VIH-1” s’enthousiasment les chercheurs. “Il s’agit d’un premier pas important vers un voyage plus long sur le chemin de l’éradication virale”  concluent-ils.

En pratique

Même s’il faudra encore quelques années avant la réalisation de potentiels essais cliniques chez l’homme, cette étude représente un espoir dans la lutte contre le VIH. C’est aussi la preuve que la science parvient à mieux comprendre les mécanismes précis par lesquels le virus agit. 

En attendant, le meilleur moyen de vous prémunir d’une infection par ce virus, reste bien sûr d’éviter d’entrer en contact avec du sang souillé et d’utiliser des préservatifs lorsque vous avez des relations sexuelles. Si vous avez un doute quant à votre statut sérologique, faites-vous dépister soit dans un laboratoire d’analyses médicales avec une ordonnance de votre médecin traitant, soit dans les Centres Gratuits d’Information, de Dépistage et de Diagnostic (CeGIDD). Il en va de votre santé et de celle de votre/vos partenaire(s).


Partagez :