Majoritairement composé de veines profondes, le réseau veineux des jambes joue un rôle essentiel. Mais il est fragile. Comment fonctionne-t-il ? Quels facteurs peuvent influer sur la circulation sanguine ? Pourquoi une varice peut-elle se former ?

5 choses à savoir sur les veines des jambes © Adobe Stock / Prostock-studio

Les veines conduisent le sang des extrémités vers le cœur. Les artères font le chemin inverse.

Un mouvement de pompe musculaire fait remonter le sang des pieds vers le cœur

À chaque pas, l’appui du pied sur le sol relance la circulation sanguine vers le haut, en direction du cœur. En se contractant, les muscles de la cuisse et du mollet, compriment les veines et soutiennent ce mouvement naturel de pompe. En principe, le sang ne peut pas redescendre puisqu’à l’intérieur de chaque veine, de petits clapets l’empêchent de refluer vers le bas. Les veines ont une paroi extensible qui leur permet de se dilater, mais plus difficilement de se contracter. C’est pourquoi, une fois qu’une varice est installée, elle ne peut pas régresser.

Un réseau veineux constitué à 80 % de veines profondes

  • Les veines profondes passent dans la masse musculaire du mollet et de la cuisse. Elles drainent 90 % du sang circulant dans les jambes. Leur point faible ? Le risque de phlébite. Si un caillot de sang bouche une veine du réseau profond, il peut se détacher, partir dans la circulation sanguine et boucher une artère pulmonaire, provoquant une embolie.
  • Les veines superficielles ne représentent que 20 % du réseau veineux des jambes. Elles sont situées sous la peau et communiquent avec le réseau profond par des veines dites “perforantes”. Elles drainent 10 % du sang circulant dans les jambes. Leur point faible ? Le risque de varices. Lorsque la paroi de la veine n’est pas assez tonique, elle se dilate et des varices apparaissent. Les varices touchent surtout les veines saphènes et leurs affluents :
    – la grande saphène va de la cheville jusqu’à l’aine en passant par la face interne de la cuisse ;
    – la petite saphène s’étend de la cheville à l’arrière du genou en passant par le mollet.

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Les variations hormonales fragilisent les veines

Avant les règles, certaines femmes voient leurs jambes gonfler et leurs problèmes veineux s’aggraver. Les hormones féminines, œstrogènes et progestérone, agissent en effet sur les veines. « Elles dilatent leur calibre et ralentissent le flux sanguin, ce qui peut aggraver les symptômes d’une insuffisance veineuse », dit le Dr Matthieu Josnin, médecin vasculaire.

Chez la femme enceinte, les soucis veineux sont quasi inévitables car les niveaux hormonaux restent très élevés pendant la grossesse. Les œstrogènes ont, par ailleurs, une action sur la coagulation du sang qui peut favoriser la formation d’un caillot.

Ainsi, une femme qui utilise une contraception œstroprogestative et qui fume multiplie les risques de troubles veineux sévères. Cette association pilule œstroprogestative et tabac est déconseillée après 35 ans. En cas d’antécédents familiaux de phlébite, il vaut mieux opter pour une pilule progestative ou un stérilet et, à la ménopause, envisager un traitement hormonal avec précaution.

Les veines supportent mal la pression

Toutes les forces qui s’exercent sur les veines les font souffrir.

  • En cas de constipation, les efforts de poussée exercent une pression au niveau abdominal qui se répercute sur les veines. La solution : consommer davantage d’aliments riches en fibres et bien s’hydrater.
  • L’effort musculaire associé au port d’une charge lourde intensifie cette pression. « Les haltérophiles de haut niveau ont forcément des varices », observe le Dr Josnin. Certains sports sont plus favorables aux veines que d’autres.
  • Les kilos superflus pèsent lourd sur les jambes. Les femmes en surpoids ont souvent des veines en mauvais état.
  • Les jeans moulants ne sont pas recommandés lorsqu’on a des veines fragiles. Ils entravent la circulation dans les membres inférieurs. Cette pression est délétère, contrairement à celles des chaussettes et des bas de compression, des dispositifs médicaux conçus pour exercer une pression dégressive qui active le retour veineux.
  • Les talons ne doivent être ni trop hauts ni trop bas. En marchant, l’impact du pied sur le sol facilite la remontée du sang dans les veines.
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« Avec des chaussures plates, vous diminuez ce phénomène. Avec des talons aiguilles de 10 cm de haut, vous paralysez le pied. L’idéal pour le retour veineux : des talons de 2-3 centimètres », précise le Dr Josnin.

Les veines n’aiment pas la chaleur

La chaleur dilate les veines. Pour ne pas les fragiliser, on privilégie l’eau fraîche aux bains chauds, au hammam ou au sauna. Et l’été, on évite de trop s’exposer au soleil.

Crampes au mollet : quand faut-il s’inquiéter ? Les crampes sont fréquentes en cas d’insuffisance veineuse. Pas d’inquiétude si elles surviennent ponctuellement. En revanche, une douleur persistante au mollet, un gonflement, une couleur rosée, une douleur musculaire en relevant le pied ou encore l’absence de ballottement du mollet, doit inciter à consulter rapidement un médecin. Un écho-doppler permettra de repérer une veine obstruée par un caillot sanguin.

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Sylvie Dellus Dr Matthieu Josnin, médecin vasculaire Article publié le


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