La fondation Orana, à Sydney (Australie) a entrepris de répertorier, analyser et documenter le savoir alimentaire et culinaire des Aborigènes d’Australie, un projet qui mobilise une quinzaine de chercheurs de l’université d’Adélaïde.

La fondation a été créée par un chef d’origine écossaise, Jock Zonfrillo, arrivé en Australie en 1999, avant de partir pendant plusieurs mois à la découverte de la culture aborigène et de ses traditions culinaires, pourtant étrangement absentes des tables australiennes. En 2013, il a ouvert le restaurant Orana, à Adélaïde, le premier à promouvoir la nourriture aborigène et les produits du Bush. Orana a été élu restaurant de l’année en 2018 et 2019.

La fondation qu’il a créée subventionne l’université d’Adélaïde pour procéder au recensement de plusieurs milliers d’aliments dont se nourrissent traditionnellement les Aborigènes ; 15 000 ont déjà été répertoriés. La base de données donnera de nombreuses informations en particulier sur le biotope et les valeurs nutritionnelles des aliments du bush, ainsi que sur les plantes.

Parvenus en Australie il y a environ 60 000 ans, les Aborigènes ont vécu de la chasse, la pêche et la cueillette, se nourrissant de gibier, oiseaux, œufs, poissons, coquillages et mollusques, d’insectes et leurs larves comme le bibaj ou le cafard du bois, de tubercules, de fruits et de miel. Les animaux terrestres consommés comprennent le kangourou, le wallaby, l’opossum, le bandicoot (un marsupial), des rats et souris, des serpents et des lézards (goanna). Il faut souligner que, comme ce fut le cas dans d’autres régions de la planète au paléolithique supérieur, la chasse intensive a entraîné la disparition de plusieurs espèces. 

Parmi les végétaux consommés par les Aborigènes figurent de nombreuses variétés d’ignames, des tomates du bush, et des fruits comme la poire native, la prune kakadu, un petit fruit trouvé dans le désert, qui renferme autant de vitamine C que 20 oranges et le karkalla, un autre fruit que l’on trouve dans les régions côtières. La noix de bunya, dont les chercheurs pensent qu’elle figurait à l’ordinaire des dinosaures peut facilement prendre la place de céréales dévoreuses de ressources en eau comme le riz, par exemple dans un « risotto ». 

Alors que les Aborigènes urbanisés sont frappés par l’obésité, le diabète, les maladies cardiovasculaires, la chercheuse Karen O’Dea a montré dès 1984 qu’un retour au mode de vie et à l’alimentation du bush peut inverser ces maladies… Des volontaires diabétiques en surpoids ont ainsi suivi un régime paléo-aborigène de 7 semaines. Ils ont perdu en moyenne 8 kg, leur glycémie passant de 2,09 à 1,1 g/L ; leur pression artérielle et le niveau des triglycérides se sont normalisés.

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Sources

The Orana Foundation

O’Dea K. Marked improvement in the carbohydrate and lipid metabolism in diabetic Australian Aborigenes after temporary reversion to traditional lifestyle. Diabetes 1984, 33:596-603.
 


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