Le trèfle rouge (Trifolium pratense)  est une plante courante en France. De la famille des légumineuses, ou fabacées, elle sert traditionnellement au fourrage pour les animaux d’élevage. En phytothérapie, on utilise les fleurs de trèfle rouge séchées pour préparer des infusions ou des gélules. Le trèfle rouge contient des phyto-oestrogènes, des isoflavones, tout comme le soja. Ces composés se fixent sur les récepteurs hormonaux des estrogènes et ont donc la capacité de pallier à des insuffisances hormonales, notamment lorsque la production d’estrogènes diminue, pendant la ménopause.

Lire notre article : Soja et trèfle rouge : pas de risque avéré pour le cancer du sein

Il existe en pharmacie des compléments alimentaires contenant des extraits de trèfle rouge. Mais quels sont leurs bénéfices reconnus pour la santé ?

Contre les symptômes de la ménopause

La ménopause s’accompagne souvent de symptômes vasomoteurs tels que des bouffées de chaleur, des sueurs nocturnes, mais aussi des symptômes dégressifs, de l’anxiété, des problèmes de sommeil, de la fatigue et des maux de tête. Les bouffées de chaleur sont les symptômes les plus fréquents et toucheraient environ 70 % des femmes. Ces symptômes sont liés à la chute des œstrogènes. C’est pourquoi il peut être intéressant de recourir à des phyto-œstrogènes pour limiter ces désagréments.

En 2015, une méta-analyse parue dans Journal of Obstetrics and Gynaecology a cherché à connaître les bénéfices d’une complémentation en trèfle rouge pour atténuer les symptômes de la ménopause. D’après les auteurs, le trèfle rouge réduit la fréquence des bouffées de chaleur, notamment chez les femmes qui en ont fréquemment (plus de cinq par jour). Une dose de 80 mg par jour semblait aussi limiter les symptômes de sécheresse vaginale. Mais les auteurs n’ont pas trouvé d’effet positif sur l’humeur, les problèmes de sommeil ou sexuels.

Cependant, dans une petite étude de 2010 relayée sur la lanutrition.fr, une complémentation en isoflavones du trèfle rouge a réduit les symptômes dépressifs chez 80 % des femmes complémentées, contre 21 % dans le groupe placebo.

Pour la santé osseuse

Lors de la ménopause, la chute des œstrogènes peut aggraver la perte d’os, d’où l’idée d’utiliser les phyto-œstrogènes pour améliorer la santé osseuse. Un essai clinique de 2017 a testé une complémentation en isoflavones du trèfle rouge chez 78 femmes ménopausées. Les résultats ont montré que l’extrait de trèfle rouge a atténué la perte osseuse au niveau de vertèbres lombaires et du col du fémur. Les participantes ont pris l’extrait de trèfle rouge deux fois par jour, à une dose quotidienne de 60 mg, pendant une durée d’un an. L’extrait de trèfle rouge semblait plus efficace si les femmes prenaient en même temps des compléments avec du calcium, du magnésium, et de la vitamine D (calcitriol).

Pour la santé cardiovasculaire

Bien qu’il n’y ait pas de résultats d’essais cliniques à ce sujet, certains travaux suggèrent que le trèfle rouge pourrait favoriser la santé cardiovasculaire. Par exemple, dans une étude in vitro sur des cellules de vaisseaux sanguins humains, l’extrait de trèfle rouge avait un effet anti-inflammatoire ce qui suggère une réduction du risque d’athérosclérose.

Pour la santé de la peau

Là aussi, les études chez l’homme manquent. En revanche, chez le rat, une étude de 2006 a trouvé que les isoflavones du trèfle rouge limitaient le vieillissement de la peau lié à la perte d’œstrogènes.

En pratique

Comme souvent pour les plantes, on manque de preuves d’efficacité (car l’argent pour la recherche manque) même si le trèfle rouge bénéficie quand même d’études prometteuses.

Vous pouvez faire une tisane de trèfle rouge à partir de fleurs séchées ou trouver des compléments en pharmacie. Suivez les recommandations du fabricant.

Attention, le trèfle rouge est contre-indiqué en cas de cancer hormono-dépendant. De plus, les extraits de trèfle rouge contiennent de la coumarine, un anticoagulant. Si vous êtes traité pour un trouble de la coagulation du sang, demandez conseil à votre pharmacien.

Un livre pour aller plus loin : Guide pratique des compléments alimentaires


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