Pourquoi c’est important

Nous vivons actuellement la sixième extinction en masse d’espèces depuis l’histoire de la Terre qui a connu notamment la crise permienne ayant coûté la vie à 90 % des espèces vivantes il y a 251 millions d’années, et la crise crétacé-tertiaire (et l’extinction des dinosaures et de nombreuses autres espèces).

Mais la sixième extinction que nous vivons actuellement a pour particularité d’être liée aux activités humaines. Depuis plusieurs années, les études s’accumulent sur les menaces qui pèsent sur la biodiversité.

Ce que montre le rapport

L’IPBES (Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques), une instance de l’ONU, a publié en mai 2019 un rapport alarmant sur la biodiversité dans le monde. Il confirme que les espèces disparaissent actuellement à un rythme accéléré. Elaboré par 145 experts internationaux provenant de 50 pays différents, ce document volumineux s’appuie sur 15000 références bibliographiques. Il décrit les changements observés au cours des cinq dernières décennies et propose des scénarios possibles pour l’avenir.

Le rapport estime qu’environ un million d’espèces d’animaux et de végétaux sont menacées d’extinction dans les prochaines décennies, ce qui n’est jamais arrivé dans l’histoire de l’humanité. Plus précisément, 40 % des amphibiens, un tiers des récifs coralliens, plus d’un tiers des mammifères marins et environ 10 % des insectes sont menacés. La disparition d’insectes pollinisateurs est particulièrement problématique pour l’avenir de l’agriculture.

Les principaux facteurs expliquant ces disparitions massives sont :

  • l’utilisation des espaces terrestres et maritimes par l’homme,
  • l’exploitation de certaines espèces (surpêche…),
  • le réchauffement climatique,
  • la pollution (de l’air, de l’eau, et des sols)
  • les espèces exotiques envahissantes, souvent introduites accidentellement par l’homme

Lire notre article : Le réchauffement climatique plus rapide que prévu

D’après le rapport, « la nature décline globalement à un rythme sans précédent dans l’histoire humaine – et le taux d’extinction des espèces s’accélère, provoquant dès à présent des effets graves sur les populations humaines du monde entier. »

L’homme a sa responsabilité dans ce drame collectif, par son action sur la nature. Ainsi, 75 % des ressources en eau douce seraient utilisées pour l’agriculture et l’élevage. De plus, la dégradation des sols a réduit la productivité des surfaces. La déforestation, la bétonisation, l’expansion des villes… participent au déclin de la biodiversité.

Face à ce fléau, la réponse est insuffisante et le rapport souligne que les intérêts particuliers doivent être dépassés pour arrêter cette catastrophe. Pour Robert Watson, le Président de l’IPBES, qui s’exprime dans un communiqué, « La santé des écosystèmes dont nous dépendons, ainsi que toutes les autres espèces, se dégrade plus vite que jamais. Nous sommes en train d’éroder les fondements mêmes de nos économies, nos moyens de subsistance, la sécurité alimentaire, la santé et la qualité de vie dans le monde entier ». Mais il ajoute une note d’espoir : « Le rapport nous dit aussi qu’il n’est pas trop tard pour agir, mais seulement si nous commençons à le faire maintenant à tous les niveaux, du local au mondial. »

En pratique

Face à ce constat alarmant, chacun peut agir, en changeant ses modes de consommation, en privilégiant l’agriculture durable, la sobriété, et en préservant la biodiversité. Si vous avez un jardin, une terrasse, créez un espace accueillant pour les insectes et les oiseaux. Par exemple, installez un « hôtel à insectes », plantez des fleurs dans lesquelles les insectes pourront butiner (lavande, thym, sauge…), nourrissez les oiseaux en hiver ! Et bien sûr jardinez bio : depuis janvier 2019, la vente de pesticides aux particuliers est interdite en France.

Enfin en réduisant ses déchets, chacun participe également à la réduction des pollutions.

Des livres pour aller plus loin : Zéro plastique zéro toxique, Famille en transition écologique et Famille (presque) zéro déchet


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