Pourquoi c’est important

Les sucres ajoutés (surtout sous forme de sodas) représentent l’une des premières causes des maladies chroniques non transmissibles (maladies cardiovasculaires, diabète…) toujours plus fréquentes. Ces maladies engendrent des coûts phénoménaux pour les systèmes de santé et les gouvernements en général. Les prévenir est donc un enjeu majeur, tant d’un point de vue sanitaire qu’économique. 

Une nouvelle étude parue dans le journal Circulation suggère que le nouveau label alimentaire de la FDA sur les produits (voir ci-dessous à droite, par rapport à l’actuel, à gauche) qui entrera progressivement en vigueur à partir de 2020 pourrait permettre de prévenir ces pathologies et de ce fait, réduire leur coût économique. 

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L’étude 

L’étude est prospective, c’est-à-dire que les résultats qu’elle produit prétendent prédire ce qui se passera dans les 20 prochaines années (2018-2037), suite à l’introduction de ces nouvelles étiquettes des valeurs nutritionnelles des aliments. Les chercheurs ont effectué des simulations informatiques en prenant en compte les paramètres nécessaires et ont mesuré l’impact de deux scénarios sur la santé des Américains et donc sur les dépenses associées : 

  • Scénario 1 : imposer uniquement cette nouvelle mention. Résultats : 354 400 cas de maladies cardiovasculaires et 599 300 cas de diabète de type 2 pourraient être évités. Soit une économie de 31 milliards de dollars en coûts de soins de santé nets ou 61,9 milliards de dollars en coûts sociétaux (intégrant la réduction de la perte de productivité et les coûts des soins informels).
  • Scénario 2 : imposer le label et une réduction de 25 % de sucres ajoutés dans les produits alimentaires. Résultats : 708 800 cas de maladies cardiovasculaires et 1,2 million de cas de diabète de type 2 évités. Et une économie de 57,6 milliards de dollars (soins de santé nets) et 113,2 milliards de dollars (coûts sociétaux).

Les deux scénarios semblent donc efficaces pour lutter contre les maladies cardiovasculaires et le diabète, avec une prévention beaucoup plus importante dans le scénario 2.

Néanmoins, quelques éléments gênent dans cette étude. Une partie de la baisse de la mortalité et de la qualité de vie gagnée sont attribuées à la baisse de l’Indice de Masse Corporelle (IMC). Or, ces mesures (ledit label et la baisse des sucres ajoutés) sont très réductionniste. Bien sûr, ce n’est pas une bataille vaine et futile. Les sucres ajoutés ont leur part de responsabilité dans l’augmentation de l’IMC global de la population. En revanche, il semble utopique de penser que cette seule mesure pourra le diminuer significativement chez les individus.

Cette étude part cependant du principe que mentionner les sucres ajoutés sur les produits industriels aura un impact sur l’Indice de Masse Corporelle (IMC), ce qui n’est pas forcément vrai. De plus  les résultats sont à relativiser quand on sait que cette nouvelle étiquette prend uniquement en compte, en tant que sucre ajoutés, le sucre de table, les sirops (glucose, fructose), le miel et les sucres provenant de concentrés de fruits ou de légumes. Amidons modifiés et autres maltodextrines sont, semble-t-il, passés à la trappe. 

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En pratique 

Ce nouvel étiquetage va dans le bon sens et il pourrait être utile que l’ANSES s’en inspire en France. En revanche, il faudrait aussi encourager à limiter l’achat de produits ultra-transformés, au profit des aliments bruts ou peu transformés. Ce n’est que lors des achats occasionnels de produits industriels qu’il faudrait prêter une attention particulière à leur degré de transformation et à leur teneur en sucres ajoutés (sous toutes ses dénominations).

Par ailleurs, encourager l’activité physique et en faciliter grandement l’accès à tous devrait également faire partie des grandes priorités pour contrer la progression de ces maladies.

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