Pourquoi c’est important

Dans la vie de tous les jours, nous voyons beaucoup de déchets plastiques : des emballages, des verres jetables, des sacs, des bouteilles… Mais nous nous rendons moins compte des pollutions engendrées loin de chez nous, dans l’océan par exemple. D’après le Ministère de la transition écologique et solidaire, 75 % des déchets marins sont de nature plastique.

Le plastique met beaucoup de temps à se dégrader, il s’éparpille progressivement en petits morceaux qui voyagent ensuite sur de longues distances. Ainsi, les microplastiques sont des particules qui mesurent moins de 5 mm et finissent souvent dans les rivières, les océans, où ils sont consommés par des animaux, comme des poissons ou des oiseaux.

Si le transport des microplastiques par l’eau est bien connu, qu’en est-il du vent ? En 2015, une étude réalisée à Paris avait montré la présence de microplastiques dans les cours d’eau, les eaux d’assainissement, mais aussi l’atmosphère…

Ce que montre l’étude

Cette recherche, parue dans la revue Nature Geoscience, s’est déroulée à la station météorologique de Bernadouze, dans l’Ariège, dans une zone reculée des Pyrénées. Sur une période de cinq mois, les scientifiques ont récupéré ce qui tombait de l’atmosphère, dans la pluie et la neige, pour y chercher des microplastiques. Sur un mètre carré de surface se déposaient en moyenne 366 particules plastiques : 249 fragments, 73 films et 44 fibres.

Deonie Allen, une des auteurs, a comparé ces résultats à ceux qui ont été obtenus dans deux villes, Paris et Dongguan, en Chine. Elle a déclaré au Guardian : « C’est comparable à ce qui a été trouvé dans le centre de Paris et à Dongguan, et ce sont des mégapoles où beaucoup de pollution est attendue. » Par conséquent, on peut penser que la pollution aux microplastiques touche le monde entier, même dans des lieux loin des métropoles.

Les auteurs ont aussi montré que certains microplastiques avaient pu parcourir jusqu’à 95 km. Cela paraît vraisemblable étant donné que les poussières du Sahara voyagent bien avec le vent sur des milliers de kilomètres. Beaucoup de microplastiques étaient du polystyrène et du polyéthylène, des matériaux trouvés dans les sacs en plastique et les emballages.

La découverte de cette pollution pose des questions sur le devenir de ces microplastiques qui, au final, vont contaminer la nourriture et l’eau.

Lire : Nous mangeons tous du plastique

Il est même possible que nous les respirions, s’inquiète la chercheuse : « Quand on en vient aux particules de taille respiratoire, on ne sait pas ce qu’elles font. C’est une très grosse inconnue, et nous ne voulons pas qu’elle aboutisse à quelque chose comme de l’amiante. »

En pratique

Pour limiter ces pollutions au plastique, il faut naturellement réduire nos usages de ce matériau. Voici quelques idées :

  • pour éviter les sacs en plastique dans les commerces, apportez vos propres sacs ou contenants réutilisables (en tissu…),
  • préférez les courses en vrac dans des récipients réutilisables, plutôt que les produits préemballés dans du plastique,
  • buvez l’eau du robinet et utilisez une gourde,
  • préférez les vêtements en coton plutôt que synthétiques, qui risquent de relâcher des microplastiques lors de leur lavage en machine,
  • banissez la vaisselle et les pailles jetables !

D’autres conseils dans le livre d’Aline Gubri Zéro plastique zéro toxique


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