Pourquoi c’est important

L’autisme est une maladie qui se traduit par des difficultés à communiquer et des troubles du comportement. Les troubles gastro-intestinaux (diarrhée, constipation…) sont fréquents chez les personnes souffrant d’autisme et suggèrent que l’intestin joue un rôle important dans la maladie. La présence d’une dysbiose, un déséquilibre du microbiote intestinal, chez les personnes souffrant d’autisme est rapportée dans les études.

Le microbiote intestinal qui intervient dans la digestion, l’immunité et la prévention de la prolifération de bactéries nocives constitue une voie de recherche prometteuse pour pour les personnes qui sont atteintes d’autisme. Les études récentes mettent en avant le rôle du microbiote intestinal dans la communication cérébrale et la santé neurologique.

Une nouvelle étude parue dans la revue Scientific Reports rapporte les résultats obtenus grâce à une technique appelée thérapie de transfert de microbiote (Microbiota Transfer Therapy ou MTT), une sorte de greffe de selles appelée aussi transplantation du microbiote fécal en français, qui permet de corriger la dysbiose intestinale en introduisant des bactéries bénéfiques et en aidant à augmenter la diversité bactérienne.     

L’étude

La thérapie MTT comprend 10 semaines de traitement qui commence par un pré-traitement avec un antibiotique, un nettoyage intestinal, un suppresseur d’acide gastrique et un transfert du microbiote fécal quotidiennement pendant 7 à 8 semaines. Les 18 participants à l’étude avaient des symptômes gastro-intestinaux chroniques.

Au début de l’étude, les enfants souffrant d’autisme présentaient un microbiote intestinal moins diversifié que les enfants au développement normal. Certaines souches de bactéries utiles comme Bifidobacteria et Prevotella étaient totalement épuisées.

La première phase de l’étude a montré l’efficacité du traitement MTT pour modifier le microbiote intestinal, améliorer les symptômes gastro-intestinaux ainsi que le comportement des enfants autistes. Ces améliorations avaient persisté 8 semaines après l’arrêt du traitement, suggérant un effet bénéfique à long terme.

Deux ans après la fin du traitement (deuxième phase de l’étude), les participants présentaient encore une diminution de 58% de leurs symptômes gastro-intestinaux par rapport au début de l’étude. De plus, les parents ont signalé une réduction lente et régulière des symptômes de l’autisme pendant le traitement et au cours des deux années suivantes. Les symptômes principaux de l’autisme (troubles du langage, interaction sociale et comportement) ont diminué de 45% entre le début du traitement et les deux ans qui ont suivi (si tant est que ces paramètres puissent se mesurer).

Il semblerait donc qu’en traitant les problèmes gastro-intestinaux, le comportement des enfants autistes s’améliore. Cela peut s’expliquer par le fait que l’inconfort et la douleur chronique provoqués par les troubles gastro-intestinaux sont à l’origine d’une irritabilité, d’une perte d’attention et de l’apprentissage et ont un impact négatif sur le comportement. Des études supplémentaires sont nécessaires pour définir le rôle spécifique des bactéries intestinales dans l’autisme. Ce travail devrait permettre d’optimiser les traitements.

En pratique

On sait que la composition et la diversité du microbiote intestinal sont intimement liées à l’alimentation. Des modifications alimentaires, par exemple la suppression du gluten et du lait pour certains, donnent des résultats encourageants. Ainsi, Nathalie Champoux raconte dans « Être et ne plus être autiste » comment elle a réussi à inverser les troubles de ses enfants en changeant d’alimentation.

Certains compléments alimentaires peuvent également aider à améliorer les symptômes de l’autisme. 

A lire aussi : Autisme : quelle alimentation mettre en place ? et le témoignage d’une maman dont la fille autiste a changé complètement de comportement en changeant d’alimentation


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