Pour des raisons encore mal identifiées, les ovaires de certaines femmes se dérèglent et produisent trop d’hormones masculinisantes. Symptômes, facteurs de risque, diagnostic, traitement : ce qu’il faut savoir sur le SOPK, le syndrome des ovaires polykystiques.

4 choses à savoir sur le syndrome des ovaires polykystiques © iStock

Le syndrome des ovaires polykystiques, également appelé dystrophie ovarienne, porte mal son nom. Il se caractérise non pas par des kystes, mais par un nombre anormalement élevé de follicules ovariens. De 10 à 15 %  des femmes entre 15 et 40 ans en souffrent, à des degrés divers.

Les symptômes caractéristiques des ovaires polykystiques

Ces symptômes dus à une sécrétion excessive d’hormones androgènes – la testostérone en est la principale – s’améliorent vers 35-40 ans quand l’activité des ovaires ralentit et disparaissent, en général, à la ménopause.

  • Un hirsutisme : l’excès d’hormones mâles stimule la pilosité. C’est le signe le plus représentatif du syndrome des ovaires polykystiques (SOPK). Les poils se développent sur le visage, la lèvre supérieure, le menton, entre le pubis et l’ombilic…
  • Une acné sévère peut surgir sur le visage et le tronc.
  • Une perte de cheveux y est parfois associée, typiquement localisée au sommet du crâne.
  • Un dérèglement du cycle menstruel : il est manifeste dès lors que les règles reviennent moins de huit fois dans l’année, au lieu de treize.
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« Le SOPK peut être une cause d’hypofertilité, mais il ne faut pas dramatiser. Les femmes concernées ovulent spontanément, mais plus rarement que les autres. Elles mettront plus longtemps à concevoir un enfant », dit le Pr Didier Dewailly, professeur d’endocrinologie à la faculté de médecine de Lille

Des traitements existent pour stimuler l’ovaire et s’avèrent le plus souvent efficaces. Au final, seuls 10 % des patientes ont recours à la fécondation in vitro.

Dystrophie ovarienne et facteurs de risque connus

  • Les antécédents familiaux : souvent le SOPK touche plusieurs femmes d’une même famille : la mère, les sœurs…
  • L’obésité est un facteur aggravant. « La moitié des patientes sont obèses », précise le Pr Dewailly. Leur prise en charge passe par des conseils nutritionnels et de l’activité physique. Ce coaching permet de retarder, voire de prévenir, le diabète de type 2 souvent associé au SOPK.

Les examens pour confirmer un SOPK

Le diagnostic s’appuie sur l’examen clinique de la patiente, une échographie des ovaires et le dosage sanguin de la testostérone.

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« Sur ces trois critères : hyperandrogénie, troubles du cycle et aspect échographique des ovaires, deux suffisent à poser le diagnostic », dit le Pr Dewailly.

Traiter un syndrome des ovaires polykystiques

Le plus souvent, une pilule contraceptive est prescrite. « Elle met les ovaires au repos, ce qui fait baisser la sécrétion d’androgènes », explique le Pr Dewailly. La pilule réduit le risque de cancer de l’endomètre augmenté chez les femmes atteintes de SOPK, alors que le cancer de l’ovaire n’est pas plus fréquent chez elles.

Uniquement en cas d’hyperandrogénie majeure avec un retentissement important sur la vie affective et sociale de la patiente, on a recours à l’acétate de cyprotérone (Androcur). Le médicament doit être prescrit à la dose la plus faible possible et sur un temps le plus court possible pour limiter le risque de méningiome.

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