Le genou est sensible à l’usure et aux traumatismes, comme c’est souvent le cas pendant le sport. En cas de rupture des ligaments croisés ou de fissure au ménisque, une chirurgie est parfois nécessaire. Que se passe-t-il après ? Comment retrouver sa mobilité articulaire ? Quand peut-on reprendre une activité physique ?

Quelle rééducation après une chirurgie du genou ? © iStock

Articulation complexe, le genou est très sollicité, notamment lorsque l’on pratique certains sports (football, tennis, running, ski…) ou que l’on exerce certains métiers.

Opération du ménisque : dans quels cas, quel suivi ?

Le ménisque est une sorte de cale caoutchouteuse située entre le tibia et le fémur. Son rôle est d’amortir et de répartir les charges. Au fil du temps, il peut se déshydrater et se fissurer. Chez les personnes qui travaillent accroupies ou à genou, il s’use prématurément. Enfin, il peut subir un traumatisme lors d’un accident de sport. Dans tous les cas, un ménisque abîmé ne joue plus son rôle de tampon et laisse le cartilage de l’articulation sans protection. À long terme, le risque d’arthrose augmente.

Quand faut-il opérer ? « Nous sommes moins interventionnistes qu’il y a trente ou quarante ans », observe le Dr Philippe Colombet, chirurgien orthopédique. Si le genou est douloureux mais stable, des injections de corticoïdes peuvent suffire pour réduire l’inflammation. Si un fragment de ménisque bloque le genou ou si l’ensemble de la structure est déplacé, l’intervention est nécessaire.

Celle-ci se fait sous arthroscopie, en quelques minutes. Deux petites incisions sont pratiquées de chaque côté de la rotule pour introduire les instruments chirurgicaux, suturer le ménisque ou retirer le fragment. Dans la grande majorité des cas, l’intervention se fait en ambulatoire (le patient est opéré le matin et sort dans la journée). Il n’y a plus de grandes cicatrices, seules les petites incisions sont visibles. Les béquilles sont parfois recommandées pour soulager l’appui pendant quelques semaines.

Et après l’opération ? 

  • « Lorsque la lésion est récente et que le genou n’est pas enraidi, la kinésithérapie n’est pas obligatoire. On recommande des exercices d’autorééducation, du vélo et de la natation, explique le Dr Elias Dagher, chirurgien orthopédique.
  • Si la douleur est ancienne, la personne a réduit ses activités et présente souvent une faiblesse musculaire. Quelques séances de kiné vont l’aider à renforcer ses muscles. » La natation est autorisée environ 15 jours après l’opération, le vélo peut être repris deux à quatre semaines après, les sports à impact (jogging, basket…) deux mois après.

Opération des ligaments croisés : dans quels cas, quel suivi ?

Ces deux ligaments, antérieur et postérieur, se croisent dans le genou. Ils maintiennent l’articulation en bonne place. La rupture, totale ou partielle, se produit le plus souvent lors d’un mouvement en pivot. En général, c’est le ligament croisé antérieur, celui qui empêche le tibia de partir vers l’avant, qui est touché. Cas classique lors d’une activité physique, le pied se bloque et c’est le genou qui encaisse toute la force du choc. Le ski, le football, le rugby et le basket comptent parmi les sports à risque.

Quand faut-il opérer ? L’opération n’est pas systématique. Le Dr Colombet parle d’une « chirurgie à la carte », la décision dépendant essentiellement de l’instabilité du genou et de la pratique sportive du patient. « Chez une personne sédentaire dont le genou est assez stable, l’opération n’est pas nécessaire. En revanche, il vaut mieux opérer une personne active dont le genou a tendance à se déboîter », explique le Dr Dagher.

Chaque année en France, près de 50 000 personnes ont recours à une intervention sur le ligament croisé antérieur. L’opération dure une trentaine de minutes et se fait, de plus en plus, en ambulatoire. Elle consiste à reconstruire le ligament grâce à une autogreffe. Un tendon est prélevé sur la rotule ou la face interne de la cuisse et inséré à la place du ligament rompu. Différentes techniques existent et sont de moins en moins agressives. Néanmoins, quatre petites incisions sont nécessaires. À la sortie de l’hôpital, il est parfois conseillé de porter une attelle et de soulager l’appui avec des cannes pendant trois semaines à un mois.

Et après l’opération ? Les séances ont lieu chez un kinésithérapeute et non plus en centre spécialisé (sauf pour les sportifs de haut niveau), au rythme de deux à trois par semaine, pendant six mois. L’objectif est de récupérer toute la mobilité du genou, en flexion et en extension.

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« Il faut insister mais pas forcer, souligne le Dr Dagher. L’important, c’est de ne pas avoir mal et que le genou ne gonfle pas. »

Pour cela, il est recommandé d’appliquer une poche de glace, enveloppée dans un linge, pendant une demi-heure, trois fois par jour. La reprise du sport se fait progressivement. Pédaler ou nager est autorisé six semaines après l’opération ; les activités plus intenses trois à six mois après.

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