Des chercheurs américains ont essayé de comprendre l’effet d’un médicament hallucinogène sur les récepteurs de la sérotonine dans le cerveau. Ils ont été surpris de constater une réduction de l’activité d’une certaine zone neuronale. Ils espèrent que leurs travaux aideront à mieux traiter des maladies mentales.

Que se passe-t-il dans le cerveau lorsqu'il hallucine ? © iStock

Les hallucinations sont définies comme des expériences de perception qui surviennent sans stimulation externe. Elles ont la force et la clarté d’une perception normale, mais elles sont hors de la réalité, et hors de notre contrôle. Souffrir d’une hallucination après avoir consommé de la drogue, ou lorsqu’on est atteint par certains troubles neurologiques n’est pas surprenant. Mais les chercheurs ont encore du mal à comprendre comment ce phénomène se manifeste spécifiquement dans le cerveau.

C’est pourquoi une équipe de scientifiques de l’université de l’Oregon, aux Etats-Unis, a essayé d’y voir plus clair. Leur nouvelle étude a révélé quelques surprises, présentées dans la revue Cell Reports. Les chercheurs ont injecté un médicament hallucinogène à des souris. Comme d’autres produits de ce type, y compris le LSD, il interagit avec des récepteurs de la sérotonine, dont le rôle au niveau cérébral n’est pas encore bien compris.

Les souris ont ensuite été confrontées à des images sur un écran, pendant que les scientifiques enregistraient leur activité neuronale. “Nous avons été surpris de constater qu’un médicament hallucinogène a entraîné une réduction de l’activité du cortex visuel “, note l’auteur principal Cris Niell. Cette zone du cerveau est responsable de l’interprétation de l’information visuelle.

Interpréter l’information

Les chercheurs ont également constaté que les signaux visuels envoyés au cortex visuel étaient semblables aux signaux envoyés en l’absence du médicament, ce qui signifie que le cerveau recevait toujours la même information visuelle, mais ne pouvait la traiter correctement. “Comprendre ce qui se passe dans le monde, c’est trouver l’équilibre entre la réception de l’information et son interprétation. Si nous sommes moins attentifs à ce qui se passe autour, et que nous surinterprétons, les hallucinations prennent vie”, résume Cris Niell.

L’équipe est consciente des limites de ces travaux, à savoir le fait qu’ils aient été conduits sur des rongeurs. Mais les données recueillies serviront de base aux recherches futures. Des études antérieures ont suggéré que les récepteurs de la sérotonine sont impliqués dans la schizophrénie. Les auteurs espèrent que leurs conclusions puissent fournir de nouvelles pistes concernant le traitement de cette maladie ainsi que d’autres problèmes de santé mentale.

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