La santé rénale ne fait pas exception à cette règle d’or de la prévention : avoir une bonne hygiène de vie. Notamment une alimentation saine : ce que vous mangez a un effet sur les reins, dont l’une des fonctions est d’éliminer les déchets. On vous dit aussi comment les protéger si vous prenez certains médicaments qui altérent la fonction rénale.

Que faire pour protéger ses reins ? © iStock

Le saviez vous ? A partir de 40 ans, la filtration rénale commence à diminuer d’environ 1% par an. A long terme, le risque est de développer une maladie rénale, d’autant plus sournoise qu’elle évolue silencieusement. Au stade de l’insuffisance rénale, les conseils personnalisés d’une diététicienne sont nécessaires. Mais avant d’en arriver là, quelques points méritent une attention particulière.

Au niveau du sel

Manger trop salé favorise l’hypertension artérielle et certaines formes de calculs rénaux. Or, la population française a en moyenne une consommation trop élevée de sel (environ 8 à 9 g par jour). Un maximum de 6 à 7 g par jour conviendrait mieux à la santé des reins. Pour rehausser le goût des plats, on peut facilement remplacer le sel par des épices ou des aromates.

À savoir : 1 g de sel correspond à 60 g de jambon cuit ou 60 à 80 g de pain ou 200 g de légumes en conserve

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Au niveau du calcium

Le calcium contribue à la régulation de la pression artérielle. Il est donc indispensable, même chez les personnes sujettes aux calculs rénaux calciques. Les apports recommandés sont de 900 milligrammes par jour. La seule précaution à prendre est de bien répartir ses apports en calcium tout au long de la journée.

À savoir : 150 mg de calcium correspondent à 1 verre (150 ml) de lait demi-écrémé ou 1 yaourt (125 g).

Des fruits et légumes à chaque repas apportent 200 à 300 mg de calcium par jour. L’eau du robinet contient en moyenne 100 mg de calcium par litre. Les eaux minérales Contrexéville, Hépar ou Courmayeur contiennent 500 à 600 mg de calcium par litre.

Au niveau des protéines

Pour ne pas surcharger les reins, tout en assurant les besoins de l’organisme, il faut absorber chaque jour l’équivalent de 1 g de protéines/kilo de poids idéal. Par exemple, une femme non-insuffisante rénale de 70 kilos, mais qui devrait peser 55 kilos, a besoin d’environ 55 g de protéines par jour.

« Les protéines animales apportent les acides aminés nécessaires à l’organisme. Dans les protéines végétales, il faut associer les céréales et les légumes secs pour retrouver tous ces éléments de base », dit Marie-Paule Dousseaux, diététicienne-nutritionniste. Pour que le corps puisse les assimiler sans augmenter le travail des reins, il vaut mieux fractionner les apports en protéines lors des trois repas de la journée.

À savoir :  5 g de protéines animales correspondent à 150 ml de lait ou 1 yaourt de 125 g ou 25 g de viande/poisson. 5 g de protéines animales correspondent à 70 g de pain ou 50 g de lentilles cuites ou 100 g de pâtes cuites.

Boire assez d’eau

L’organisme a besoin de 1,5 litre d’eau par jour, en moyenne. En général, il n’y a pas besoin d’aller au-delà de cette recommandation sauf en cas de forte chaleur, de transpiration ou de diarrhée. Autre exception : les personnes qui ont tendance à souffrir d’infections urinaires ou de calculs rénaux doivent diluer davantage leurs urines et, pour cela, boire environ 2 litres par jour. Dans ce volume, on inclut non seulement l’eau, mais aussi le thé, le café, les infusions et tous les liquides à condition qu’ils soient sans sel ou sucre ajouté.

Comment protéger ses reins quand on prend des médicaments ?

Les reins peuvent être intoxiqués par des molécules présentes dans toutes les armoires à pharmacie.

  • Les anti-inflammatoires : ces médicaments sont couramment prescrits comme antidouleurs (arthrose, règles, migraine…) L’ibuprofène est même disponible en vente libre en pharmacie. Pris pendant plusieurs semaines, ils mettent les reins en surpression. Ils sont contre-indiqués en cas d’insuffisance rénale. « Si votre fonction rénale est normale, que vous n’êtes ni diabétique ni hypertendu et que vous n’êtes pas âgé de plus de 70 ans, vous pouvez en prendre sans difficulté, du moment qu’il s’agit d’une cure courte de quelques jours », précise le Pr Isnard-Bagnis.
  • Les antiacides : les inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) sont largement prescrits contre les brûlures d’estomac. Ils accompagnent souvent la prise d’anti-inflammatoires. Or, des études ont montré que les personnes qui prennent des IPP au long cours ont une fonction rénale moins bonne que les autres. « Au moment de les prescrire, il faut toujours se poser la question de savoir s’ils sont vraiment nécessaires », observe le Pr Corinne Isnard-Bagnis néphrologue à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière (Paris). Or, selon l’étude CKD-REIN coordonnée par Bénédicte Stengel, épidémiologiste à l’Inserm, 30 % des malades rénaux chroniques prennent ce type de médicament.
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