Pourquoi c’est important

La pollution de l’air aux particules très fines, au dioxyde d’azote et à l’ozone a été liée à différentes maladies, en premier lieu les maladies cardiovasculaires mais aussi le diabète, le risque de fracture ou la maladie d’Alzheimer. Il est maintenant reconnu que la pollution de l’air augmente le risque de mortalité précoce par maladie cardiovasculaire ou respiratoire. En octobre 2018, l’Agence européenne de l’environnement avait estimé que la pollution de l’air était responsable en 2015 de 518 000 décès prématurés dans 41 pays d’Europe, et 480 000 dans l’UE. 
Mais ce nombre de décès liés à la pollution de l’air pourrait être sous-estimé selon une nouvelle étude parue dans l’European Heart Journal.

L’étude

Des chercheurs menés par Thomas Münzel de l’université de Mayence (Allemagne) ont estimé l’exposition aux polluants en se basant sur un modèle simulant la manière dont les gaz atmosphériques interagissent avec les composés chimiques issus de l’activité humaine (production d’énergie, industrie, transports, agriculture…). Puis ils ont utilisé un nouvel outil statistique combinant les taux de mortalité et l’exposition pour analyser ces données.

Résultats : le nombre de morts dus à la pollution de l’air en 2015 dans l’ensemble de l’Europe serait plus proche de 790 000, dont 659 000 dans les 28 états de l’Union Européenne. Pour la France, l’estimation est de 67 000 morts, ce qui correspond à un taux de 105 décès pour 100 000 habitants.

En appliquant leur méthode aux données mondiales disponibles, les scientifiques aboutissent à pas moins de 8,8 millions de morts causés par la pollution de l’air en 2015 sur l’ensemble de la planète (contre 7,2 millions de décès dus au tabac selon l’OMS), dont 2,8 millions pour la Chine. Un résultat qui double presque ceux d’études précédentes arrivant à un total mondial d’environ 4,5 millions.

Les auteurs de l’étude jugent « urgent » de baisser les seuils d’exposition aux particules fines.

En pratique

Qu’ils soient ou non sous-estimés, ces décès précoces liés à la pollution automobile sont déjà trop nombreux. Et si on peut choisir de ne pas fumer, il est difficile d’échapper à la pollution de l’air. En attendant la révision des seuils d’exposition aux particules fines, on peut adopter au quotidien des mesures aidant à diminuer les effets négatifs de la pollution sur sa santé :

  • A vélo, éviter de rouler près de grands axes routiers. En effet, en partageant la route avec les voitures, un cycliste augmente de plus de 30% son exposition aux polluants atmosphériques, Préférer les pistes cyclables séparées de la route. 
  • Privilégier le brocoli, l’huile d’olive et les sources d’oméga-3 dans son assiette : ces aliments ont été liés à des effets bénéfiques sur les systèmes cardiovasculaire et respiratoire en cas d’exposition à la pollution atmosphérique.
  • Utiliser des compléments alimentaires qui ont montré leur intérêt dans la lutte contre les effets néfastes de la pollution : vitamines B, C et E, oméga-3.

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