Pourquoi c’est important

La prévalence de la maladie d’Alzheimer ne cesse d’augmenter : 5,3 millions d’individus en souffraient en 2015 aux États-Unis et ils pourraient être 13 millions en 2050. Cette pathologie est un supplice pour les familles mais également une perte de repère et d’identité quasi totale pour la personne qui en souffre.

Beaucoup d’études sont menées afin de mieux comprendre l’origine de la maladie et de trouver des solutions pour améliorer l’état des patients. Concernant les symptômes, cette maladie neurodégénérative est caractérisée par une perte de mémoire et des déficiences cognitives. Pour ce qui est des causes biologiques responsables de ces symptômes, on note : une inflammation chronique, une accumulation de protéines bêta-amyloïdes (Aβ) dans le système nerveux central (en réponse à cette inflammation) et enfin une mort neuronale. Les causes de la maladie semblent nombreuses. Une revue de la littérature scientifique qui vient de paraître délivre de nouvelles pistes quant à l’importance de l’autophagie dans cette maladie et les effets que certaines herbes médicinales pourraient avoir sur cette dernière. 

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L’étude

Cette étude, parue dans Experimental Gerontology, indique que l’inhibition excessive du processus d’autophagie, le mécanisme par lequel les cellules recyclent leurs propres déchets, constituerait une des causes de la maladie d’Alzheimer.

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L’autophagie, en tant que mécanisme biologique, aggraverait donc la maladie s’il est interrompu trop longtemps ou s’il dysfonctionne. S’il fonctionne correctement, il permettrait de “nettoyer” l’excès de bêta-amyloïde et de soulager les symptômes de la maladie en provoquant la dégradation de la protéine bêta-amyloïde, en régulant l’inflammation notamment. A priori, avec l’âge, l’autophagie des cellules tend à être moins efficace.

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Cependant, une autophagie excessive pourrait également avoir des effets néfastes sur la pathologie, en provoquant une accumulation de protéine bêta-amyloïde dans les neurones, et entraînant une toxicité intracellulaire majeure. La solution se trouve donc peut-être dans la régulation de l’autophagie. Comment réguler ce mécanisme naturel ? En s’aidant des plantes, peut-être, dont certaines semblent pouvoir l’inhiber ou l’activer.

Voici ce que les chercheurs ont trouvé, entre autres : 

  • L’extrait d’une plante chinoise, le Radix polyglae (à la dose de 5 à 10 microgrammes/ml), permettrait d’activer in vitro l’autophagie, ce qui réduirait les niveaux de protéine bêta-amyloïde.
  • L’extrait de Ginkgo biloba (69 mg/kg/j) améliorerait la fonction cognitive et inhiberait l’inflammation en induisant l’autophagie (chez la souris).
  • Le ginsénoside Rg2 (20 mg/kg) contenu dans le ginsengdiminuerait l’accumulation cérébrale d’amyloïde et améliorererait la fonction cognitive en induisant l’autophagie (chez la souris). 
  • Le gypénoside XVII (10 micromoles ou 40 mg/kg/j) du ginseng aussi préviendrait l’accumulation des protéines bêta-amyloïdes et améliorerait la fonction cognitive en induisant l’autophagie in vitro et chez la souris.
  • Divers alcaloïdes (3,5-350 nanogrammes/ml) présents dans une majorité de végétaux, les champignons et le café, inhiberaient la dégénération des neurones en induisant l’autophagie in vitro et chez la souris.
  • La silibinine (25-100 mg/kg), un flavonoïde trouvé dans le chardon-Marie, améliorerait les comportements anxieux et dépressifs et atténuerait les dommages neuronaux en inhibant l’autophagie chez le rat.
  • Le madécassoside (10 micromoles ou 5-20 mg/kg/j) contenu dans la Centella asiatica, supprimerait l’inflammation et inhiberait l’autophagie in vitro et chez la souris.
  • L’hespéridine (20 micromoles), un flavonoïde trouvé dans les oranges, altèrerait l’utilisation du glucose par les bêta-amyloïdes en inhibant l’autophagie in vitro.

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  • Le resvératrol (40 micromoles), un polyphénol antioxydant bien connu du raisin (et donc du vin rouge) réduirait la synthèse et l’accumulation des Aβ en induisant l’autophagie in vitro.
  • La wogonine (10-50 micromole), un flavonoïde de la plante Scutellaria baicalensis, induirait l’autophagie in vitro, ce qui favoriserait le nettoyage des bêta-amyloïdes.
  • Lémodine (10 micromoles ou 50 mg/kg/j) est contenue dans la rhubarbe, l’argousier et la renouée japonaise. Elle est également produite par de nombreuses espèces de champignons. Elle inhiberait l’autophagie in vitro et chez la souris.
  • L’acide carnosique (2 micromoles) contenu dans la sauge et le romarin, soulagerait la neurotoxicité en inhibant l’accumulation de bêta-amyloïde et en induisant l’autophagie in vitro.​

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Pour conclure 

La régulation de l’autophagie semble jouer un rôle crucial dans la maladie d’Alzheimer et on pourrait semble-t-il la contrôler grâce à des extraits de plantes. Néanmoins, les expériences concernant les herbes médicinales en sont encore à des stades préliminaires. Il faudra attendre des essais cliniques chez l’homme pour observer ce qu’il s’y passe réellement et constater, espérons-le, des améliorations dans les symptômes chez les malades d’Alzheimer. 

Pour prévenir et inverser Alzheimer aujourd’hui (du moins les stades précoces de la maladie), rappelons qu’il existe déjà un protocole de traitement qui donne de l’espoir aux malades et à leurs familles.

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