Les maladies cardiovasculaires représentent la principale cause de décès dans le monde : en 1990, elles ont été responsables de 12,3 millions de morts contre 17,6 millions en 2016. Les principaux facteurs de risque des maladies cardiovasculaires sont le manque d’activité physique, le tabagisme, le stress… mais aussi une mauvaise alimentation.

D’après l’étude Global Burden of Diseases de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), environ la moitié des décès pour cause cardiovasculaire dans le monde seraient liés à l’alimentation. Mais qu’en est-il de l’Europe ?

Ce que montre l’étude

Une étude parue dans la revue European Journal of Epidemiology et réalisée par les universités de Halle-Wittenberg et d’Iéna en Allemagne et de Washington aux Etats-Unis, a tenté de répondre à cette question. Elle portait sur 51 pays, dont les 28 de l’Union européenne, mais aussi des pays du Moyen-Orient et d’Asie centrale : Arménie, Azerbaïdjan, Israël, Kazakhstan, Kirghizistan, Tadjikistan, Turquie, Turkménistan, Ouzbékistan…

Les chercheurs ont utilisé les données de l’étude Globen Burden of Diseases, de 1990 à 2016 et celles sur l’alimentation dans les pays concernés afin de calculer le pourcentage de décès cardiovasculaires pouvant être liés à des causes nutritionnelles : alimentation trop salée ou trop riche en viande transformée, ou bien pauvre en céréales complètes, en noix et graines, en oméga-3, en fruits et légumes…

Les sceintifiques ont ainsi trouvé que 2,1 millions de décès cardiovasculaires étaient liés à l’alimentation en 2016, ce qui représentait 22 % de tous les décès et environ la moitié des décès pour cause cardiovasculaire (4,3 millions). Sur ces 2,1 millions de décès, 900 000 avaient eu lieu dans l’Union européenne, 600 000 en Russie et 250 000 en Ukraine.

L’étude a mis en évidence des différences entre pays : en 2016, en Allemagne, il y a eu 160 000 décès associés à une mauvaise alimentation (46 % des décès cardiovasculaires), contre 97 000 en Italie (41 %), 75 000 en Grande-Bretagne (41 %) et 67 000 en France (40 %). En Espagne et en Israël, seulement un décès cardiovasculaire prématuré sur trois était associé à l’alimentation.

Dans un communiqué, Toni Meyer, qui a dirigé cette étude, a expliqué que les problèmes de déséquilibres alimentaires variaient en fonction des pays : « En Suède et en Norvège, la sous-consommation de noix et de graines est le plus fortement associée aux maladies cardiovasculaires, alors que dans de nombreux pays d’Europe centrale et orientale et d’Asie centrale, la faible consommation de produits à base de céréales complètes présente le plus grand risque. Ou  autrement dit : la consommation de produits à base de farine blanche à faible teneur en fibres a entraîné une augmentation des maladies cardiovasculaires ces dernières années. »

L’étude a aussi montré des variations en fonction du sexe et de l’âge : les hommes étaient touchés plus jeunes et les femmes plutôt après 50 ans. En 2016, environ 601 000 personnes de moins de 70 ans seraient décédées de cause cardiovasculaire liée à l’alimentation, dont 420 000 hommes et 181 000 femmes. 

En pratique

Cette étude indique qu’une meilleure alimentation pourrait permettre d’éviter un décès cardiovasculaire prématuré sur deux à trois. Parmi les régimes bons pour le cœur, c’est le régime méditerranéen qui possède le plus de preuves scientifiques. Cette alimentation privilégie les fruits, légumes, noix, l’huile d’olive, les poissons gras. Un peu de vin rouge est autorisé, tandis que les aliments ultra-transformés en sont exclus .


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