Pourquoi c’est important 

Malgré l’apparition récente du concept d’aliment ultra-transformé (AUT) dans le domaine scientifique, cela fait bien longtemps que les industriels inventent des processus de transformation des aliments afin de créer des aliments moins chers, grâce à des ingrédients de piètre qualité, mais qui ont un goût et une apparence correspondant aux attentes du consommateur. 

Plusieurs études d’observation ont permis d’associer la consommation de ces aliments avecune risque de cancer ou de mortalité plus élevé, même si le lien de causalité reste impossible à établir. Des chercheurs viennent de réaliser l’une des premières études d’intervention avec des AUT.

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L’étude

Le but de cette étude était de comparer une alimentation ultra-transformée (à 81,3 %) avec une alimentation brute (à 88,1 %) sur de nombreux paramètres. Les deux alimentations étaient quasiment équivalentes en tout point (calories, macronutriments, etc.) hormis les apports en sucres, fibres et sodium.

Pour ce faire, les scientifiques ont réuni 20 patients en bonne santé qu’ils ont réparti aléatoirement en deux groupes pendant 2 semaines. À la fin des deux semaines, les participants ont changé de groupe pour 2 nouvelles semaines. Les individus pouvaient demander une diminution légère ou au contraire une augmentation légère de la nourriture présente sur leur plateau repas selon leur appétit.  

Résultats : une alimentation à base d’AUT semble accroître la consommation calorique (+106 calories / jour en moyenne), de glucides (54 calories / jour en moyenne), de lipides (+53 calories / jour en moyenne) mais pas celle de protéines. Les AUT ont conduit à une prise de masse grasse de 0,3 kg en moyenne, due à l’excès de calorie tandis que l’alimentation brute conduisait à une perte de graisse équivalente. En revanche, aucune différence n’a été constatée sur les paramètres biologiques. Les chercheurs imputent cela à la courte durée de leur étude.

Cette étude d’intervention est l’une des premières à se pencher sur le cas des AUT avec un protocole de ce type. Évidemment, elle comporte de nombreux biais comme : la petite taille de l’échantillon, sa courte durée, la non-correspondance entre les apports en sucres, fibres et la densité énergétique des deux alimentations.

Néanmoins, pour les auteurs, exclure autant que possible les AUT pourrait constituer un bon moyen de prévenir, voire même de traiter l’obésité…

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En pratique 

Même si le lien de causalité est loin d’être établi, les aliments ultra-transformés ont beaucoup de défauts (destruction de la matrice alimentaire, index et charge glycémique souvent élevés, richesse en sucre, sel, additifs douteux). 

Pour toute ces raisons, Anthony Fardet, auteur de “Halte aux aliments ultra-transformés : mangeons vrai !” conseille de ne pas dépasser 15 % d’AUT dans une journée. Ils doivent être l’exception et non la règle.


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