Notre planète connaît actuellement sa sixième extinction en masse des espèces. De grands animaux, comme les mammifères et les oiseaux, sont touchés. Mais qu’en est-il des petites bêtes, comme les insectes ? Ceux-ci jouent un rôle essentiel dans les écosystèmes, par la pollinisation, mais aussi en recyclant des nutriments.

Des études en Allemagne, à Porto Rico, ont déjà mis en évidence le déclin des insectes. L’étude allemande parue en 2017 avait trouvé que 76 % des insectes volants ont été perdus en 27 ans. En France, d’après l’Union nationale de l’apiculture française, il y a eu 30 % de mortalité des ruches d’abeilles en 2016.  

Cette nouvelle étude parue dans la revue Biological Conservation s’est intéressée à la situation des insectes sur la planète entière.

Ce que montre l’étude

Dans cet article, deux scientifiques australiens ont sélectionné 73 études sur le déclin des insectes dans le monde.  D’après leur analyse, plus de 40 % des espèces d’insectes sont menacées d’extinction. Les groupes d’espèces terrestres les plus touchés sont les lépidoptères (papillons), les hyménoptères (abeilles, guêpes…) et les coléoptères (coccinelles, scarabées…). Les insectes aquatiques sont également concernés comme les odonates, le groupe des libellules.

Au cours des 25-30 dernières années, la masse d’insectes qui a disparu est estimée à 2,5 % par an. Cela signifie, que dans dix ans, un quart des insectes pourraient avoir disparu, la moitié dans 50 ans et que les insectes pourraient tous avoir disparu dans un siècle…

L’agriculture intensive et l’usage des pesticides seraient les principaux facteurs responsables de ce déclin, comme l’explique Francisco Sánchez-Bayo, chercheur à l’université de Sydney, dans un article paru sur le site de The Guardian : « L’intensification de l’agriculture est la principale cause du déclin. » Il précise : «Cela signifie l’élimination de tous les arbres et arbustes qui entourent normalement les champs. Il y a donc des champs nus et dénudés traités avec des engrais synthétiques et des pesticides. »

L’urbanisation, les maladies et le changement climatique participent également à la diminution du nombre d’insectes. Dans les régions tropicales, l’élévation des températures est un facteur important.

Lire notre article : 2018, quatrième année la plus chaude depuis 1880

En parallèle, certaines espèces d’insectes voient leur nombre augmenter, car elles prennent la place de celles qui disparaissent. Mais ces espèces invasives sont aussi une menace pour la biodiversité.

L’impact se fera sentir chez les espèces qui mangent des insectes, comme les oiseaux, les amphibiens, les reptiles, les poissons. Ces animaux n’auront plus suffisamment à manger, ce qui entraînera des disparitions en cascades. C’est ce qui a été observé à Porto Rico avec une diminution de 98 % des insectes du sol en 35 ans. Pour Francisco Sánchez-Bayo, « Si les pertes d’espèces d’insectes ne peuvent pas être arrêtées, cela aura des conséquences catastrophiques à la fois pour les écosystèmes de la planète et pour la survie de l’humanité. »

En pratique

Vous vous demandez ce que vous pouvez faire pour limiter le déclin des insectes ? Voici quelques pistes :

  • préférez les aliments issus de l’agriculture biologique, plus respectueuse de l’environnement,
  • si vous avez un jardin, évitez les pesticides pour son entretien,
  • au jardin ou sur votre balcon, installez des plantes à fleurs susceptibles d’être butinées par des insectes : thym, lavande…
  • installez un « hôtel à insectes » dans votre jardin, et pourquoi pas une ruche si vous avez suffisamment d’espace ?


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